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invention sonore

  • Les machines célibataires de Raymond Roussel

    medium_roussel.2.jpgJ'avais promis d'alimenter régulièrement cette rubrique, consacrée à l'invention sonore dans la littérature. Et puis, trop d'infos sur les "chercheurs de sons" m'ont conduit à la mettre en sommeil. Aujourd'hui, c'est avec un texte d'un auteur à part, - un original dans le meilleur sens du mot - : Raymond Roussel, que je poursuis mon exploration de la littérature sonore. Le texte est extrait d'un de ses plus fameux romans, "Locus Solus", publié en 1914 :

    "Frenkel, avec succès, acheva, comme premier modèle, un rectangle entièrement métallique d'épaisseur inappréciable, symétriquement divisé en huit carrés pareils, qui, se suivant deux par deux, avaient tous un émeraud installé à leur centre. Chaque patte, tendant à se mouvoir, subissait l'étreinte d'une minuscule guêtre de métal, soudée à une bielle actionnant un ensemble de roues couchées à plat dans le sens général de l'objet. Finement dentés, moyeux et pourtours s'emboîtaient à la file, contraignant chaque roue à gagner en vigueur ce qu'elle perdait en vitesse ; la première, mue directement par la bielle, tournait sans peine grâce aux remuements de la patte en détresse, alors que, lente et robuste, la dernière, avec une série de piquants plantés dans son moyeu, poussait périodiquement l'extrémité d'une lamelle effilée qui, une fois lâchée, vibrait en rendant un son pur. Individuellement pourvus de six pattes donnant chacune sa note, les huit émerauds couvraient chromatiquement à eux tous cette étendue comprenant quatre septièmes majeures : medium_note2.gif

     

     

    Et pour accompagner la prose rousselienne, quoi de plus adéquat que cet "Orchestre Thermo-Dynamique", tiré de la Boîte n° 3 (malheureusement épuisée) de Pierre Bastien :
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