Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Invention sonore

  • Zimoun

    Derrière Zimoun se cache un jeune artiste suisse spécialisé dans la création d'installations sonores. Sur son site, on peut découvrir de nombreux travaux, parmi lesquels celui-ci, élaboré en 2011 avec la collaboration de l'architecte Hannes Zweifel. Un assemblage de 2000 plaques de carton plat rigide sur lesquels viennent s'agiter de longs fils métalliques mis en mouvement par 200 petits moteurs électriques. Des capteurs et des haut-parleurs disséminés un peu partout dans la structure permettent d'amplifier le son. Une pluie continue de crépitements sonores bercent l'auditeur, le plaçant dans un état de contemplation étonnée.

    Voici une autre installation sonore de Zeimoun créée la même année et inspirée des mêmes principes esthétiques.

     

     

     

     

     

  • Un récit sonore

    Asonie : type de surdité qui ne permet pas de distinguer un son d'un autre.

    Toujours accompagné, il prend le chemin du retour. Pas une parole n'est échangée. Tout se déroule en silence. Leurs pas sont étouffés, ils marchent sur une épaisse couche de coton. Une brume imperceptible recouvre l'atmosphère. Les sons y circulent peu, vidés de leur contenu par une machinerie aspirante. Il imagine qu'une barrière invisible rend impossible toute émission sonore. Débarassés de toute aspérité, lisses, les sons vibrent à ses oreilles dans un magma sans forme, dénué de sens et de tonalité.

    En attendant le 14 octobre,  jour de la première d'Asonie, avec Jacques Barville, Yannick Lemesle et Gérard Nicollet, voici quelques photos de répétitions prises par Serge Benkemoun qui permettent de se faire une idée de la scénographie. Plus tard, ici-même, des sons et peut-être je l'espère, une vidéo.

    asonie,yannick lemesle,jacques barville

    asonie,yannick lemesle,jacques barville

    asonie,yannick lemesle,jacques barville

    asonie,yannick lemesle,jacques barville

  • Asonie

    récit sonore

    Tous les deux ans, l'association Originart organise une exposition collective d'arts plastiques dans le cadre magique de l'Eglise des Frères Prêcheurs à Arles. Cette année, une vingtaine d'artistes enflamment la nef de ce lieu inspiré pour "Embrasez vous", 4ème exposition montée par le collectif arlésien. C'est dans une des niches de l'église qu'aura lieu le vendredi 14 octobre à 19h et 21h un spectcle intitulé "Asonie". Il s'agit du 2ème récit sonore écrit par Gérard Nicollet après "Sonotrain". Il sera interprété par Jacques Barville, comédien et Yannick Lemesle et Gérard Nicollet, live electronics, avec notamment l'utilisation d'un theremin artisanal construit par le luthier sauvage Patrice Haroutian, et le détournement sonore de GMF (Générateur à Modulation de Fréquence).

    Générateur de Fréquences

    La liberté est une sensation. On peut parfois l’atteindre, enfermé dans une cage comme un oiseau. Camilo José Cela.

    Un homme est retenu prisonnier contre sa volonté. Amnésique, il cherche à retrouver un chemin parmi les bribes de souvenirs et de sensations qui l’assaillent. Il voyage dans sa tête, s’invente des histoires, tandis que deux gardiens l’interrogent sans relâche.

     

    récit sonore, Gérard Nicollet, Yannick lemesle, Jacques Barville

  • Sur les ailes du chant

    41SQ0X7BVVL.jpg

    Il y a bien longtemps que j'ai laissé en supension la rubrique "Invention sonore". Non pas que la matière manque, bien au contraire, mais tout simplement plus le temps, trop d'inventeurs à présenter par ailleurs, ... Depuis le début de mes recherches sur l'invention sonore dans la littérature, j'ai débusqué quelques perles assez fantastiques, dont celle-ci, trouvée dans le roman de science-fiction Sur les ailes du chant  de Thomas M. Disch :  

    La première perception qu'on en ait est une sorte de chant de sirène que jouerait un diapason, loin, très loin, aparemment inoffensif, cela ne pouvait être comparé à rien, sinon peut-être au système solaire lui-même. Il y avait des roues dans les roues, des rouages au sein des rouages, en une récession infinie. Et on passait de l'un à l'autre, on les traversait dans une sorte d'exaltation mathématique, un déroulement régulier d'Eurékas ! Chacun d'eux pour ainsi dire accordé une octave plus haute que le précédent.

    Mais c'est tout le roman de Disch qui mérite qu'on s'y attarde. A travers le récit de la jeunesse de Daniel Weinreb, homme ordinaire,  et de  sa quête éperdue du chant, nécessaire à l'envol et à l'oubli, Disch trace le portrait d'une Amérique décadente et désespérée. Un livre majeur, d'une rare qualité d'écriture.

    135.png
    Pour accompagner cette lecture, Nelki de Frédéric Nogray, paru sur l'excellent label de Satoko Fujimoto, Prele Records, déjà responsable de plusieurs enregistrements remarquables, tel celui de l'Orgue de bois d'Eric Cordier et Denis Tricot. La musique acoustique de Frédéric Nogray, enregistrée par Eric Cordier et jouée exclusivement sur bols de cristal de roche, se développe au travers de longues plages inspirées et hypnotiques.
    prl004_pochette.jpg
    Une piste pour prolonger cette lecture :  un colloque, Le son des rouages organisé par Calenda, sur les représentations musicales des rapports homme-machine au 20ème siècle s'est tenu en 2007 à Paris. Lire résumé  ici. Programme complet .
  • Un Pianocktail pour le réveillon

    Comment fait-on, maintenant ? demanda l'antiquaire.
    Colin se leva et ouvrit le petit panneau mobile en faisant la manoeuvre, et ils prirent les deux verres remplis d'un liquide avec des irisations d'arc-en-ciel. L'antiquaire but le premier en clappant sa langue.
    - C'est exactement le goût du blues, dit-il. De ce blues-là même. C'est fort, votre invention, vous savez.
    - Oui, dit Colin, ça marchait très bien.
    - Vous savez, dit l'antiquaire, je vais sûrement vous en donner un bon prix.
    - J'en serais très content, dit Colin. Tout marche mal pour moi, maintenant.
    - C'est comme ça, dit l'antiquaire. Ca ne peut pas toujours aller bien. [...]
    - Si je jouais Misty Mornin' ? proposa l'antiquaire. Est-ce que c'est bon ?
    - Oui, dit Colin, ça rend formidablement, ça donne un cocktail gris perle et vert menthe, avec un goût de poivre et de fumée
    . C'est Boris Vian dans l'Ecume des jours qui décrit ainsi ce singulier instrument dénommé pianocktail. Et aujourd'hui d'autres rêveurs inspirés par l'objet ont relevé le défi et ont donné corps et sons à cette machine à cocktails d'un nouveau genre. Géraldine Schenkel, entre cirque, théâtre et récital désacralisé, réinvente le piano du grand Boris, et c'est pas triste !d0e4f49c3caab189cfff37da54ddd45c.jpg A voir et à écouter ici (Merci Gilles pour le lien !)

    18cc74d4519e661c1478225833b51e7e.jpg983aac7f5058b588cbd304d13732352f.jpg

  • Harpe éolienne

    Le vent souffle sans arrêt depuis deux jours. Un peu fatiguant à la longue, mais ça me donne une occasion rêvée de reparler des harpes éoliennes, si souvent évoquées par les écrivains ou les musiciens : "A peine levé, j’allai m’asseoir au fond de mon bosquet de rosiers, et, machinalement, sans avoir la conscience de ce que je faisais, j’ouvris à deux battants la porte de ma harpe éolienne. En un instant, des flots d’harmonie inondèrent le jardin ; le crescendo, le forte, le decrescendo, le pianissimo, se succédaient sans ordre au souffle capricieux de la folle brise matinale." C'est Hector Berlioz en 1853, dans "Euphonia ou la ville musicale", qui décrit ainsi fort joliment le charme et l'envoûtement produit par ce drôle d'instrument. Mais c'est Athanasius Kircher qui vers 1650, reprenant les principes décrits dans les textes anciens, élabore la harpe éolienne. De nombreux sites sont consacrés aux passionnés du vent , en particulier celui du luthier Uli Wahl, sur lequel on peut entendre de nombreux extraits éoliens.


    5a9bcb65d4a3b56c9157c8f8979f7239.jpg
    27fb84b64c4e869815da1a8e83cec205.jpg

    7261c59e88384cdb951b5812d8b11e70.jpg

     

     

    podcastpodcastpodcastpodcast

  • Les machines célibataires de Raymond Roussel

    medium_roussel.2.jpgJ'avais promis d'alimenter régulièrement cette rubrique, consacrée à l'invention sonore dans la littérature. Et puis, trop d'infos sur les "chercheurs de sons" m'ont conduit à la mettre en sommeil. Aujourd'hui, c'est avec un texte d'un auteur à part, - un original dans le meilleur sens du mot - : Raymond Roussel, que je poursuis mon exploration de la littérature sonore. Le texte est extrait d'un de ses plus fameux romans, "Locus Solus", publié en 1914 :

    "Frenkel, avec succès, acheva, comme premier modèle, un rectangle entièrement métallique d'épaisseur inappréciable, symétriquement divisé en huit carrés pareils, qui, se suivant deux par deux, avaient tous un émeraud installé à leur centre. Chaque patte, tendant à se mouvoir, subissait l'étreinte d'une minuscule guêtre de métal, soudée à une bielle actionnant un ensemble de roues couchées à plat dans le sens général de l'objet. Finement dentés, moyeux et pourtours s'emboîtaient à la file, contraignant chaque roue à gagner en vigueur ce qu'elle perdait en vitesse ; la première, mue directement par la bielle, tournait sans peine grâce aux remuements de la patte en détresse, alors que, lente et robuste, la dernière, avec une série de piquants plantés dans son moyeu, poussait périodiquement l'extrémité d'une lamelle effilée qui, une fois lâchée, vibrait en rendant un son pur. Individuellement pourvus de six pattes donnant chacune sa note, les huit émerauds couvraient chromatiquement à eux tous cette étendue comprenant quatre septièmes majeures : medium_note2.gif

     

     

    Et pour accompagner la prose rousselienne, quoi de plus adéquat que cet "Orchestre Thermo-Dynamique", tiré de la Boîte n° 3 (malheureusement épuisée) de Pierre Bastien :
    podcast

  • Do-twit à trous jaunes

    Do-twit
    Découvert sur le site oulipien www.fatrazie.com cet étonnant instrument, sorte d'ocarina mou à la Dali qui ne dépareillerait pas dans le "Catalogue des objets introuvables" de Carelman.  En voici une brève description : "Instrument de musique d'origine néo-zélandaise, constitué par un noeud en caoutchouc creux, avec trois trous répartis en surface. Le do-twit tient dans le creux de la main et lorsqu'on le presse il émet un son plus ou moins aigu et sifflant en fonction du ou des trous que l'on bouche avec les doigts de la main qui le presse. Comme le galoubet il est donc acessible aux personnes monomanuées."
    Plus d'infos ici

  • Rêves sonores

    medium_roussel.jpgDès notre plus jeune âge, on nous implante dans la poitrine de fines particules de métal. Ces paramécies métalliques émettent des signaux inaudibles qui voyagent dans l'air jusqu'à la matrice où sont centralisées les données de nos vies. Elles s'assemblent entre elles sous l'aspect d'étroits filaments dorés et figurent de nos coeurs de longues excroissances téléscopiques, formant à la périphérie de nos corps, telles les auréoles des saints, une corolle d'or. A chaque battement, les fils frémissent et s'agitent doucement, brassant le sang de nos artères, apportant surcroît d'une vitalité qui nous fait cruellement défaut.
    Arthur Cromlech, Machines, 2005.
           Si vous connaissez d'autres textes comme celui-ci, ou comme ceux de Raymond Roussel ou de Boris Vian, merci de me le faire savoir. Je suis à la recherche de textes littéraires évoquant l'invention sonore sous outes ses formes : instruments, machines musicales et autres objets sonores imaginaires. J'en ai déjà récolté un grand nombre au cours de mes lectures et de mes investigations sur la Toile. C'est à Pierre Bastien que je dois le point de départ de ce travail. Il avait publié il y a quelques années un très bel article sur ce thème dans Musica Falsa. Tout un monde sonore ignoré se cache entre les pages des livres de nos bibliothèques qui ne demande qu'à être découvert et entendu.