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Chercheurs de sons - Page 2

  • Le retour des dessicateurs

    Frédéric Le Junter

    Dessicateur, vous avez dit "dessicateur" ! Mais qu'est-ce donc qu'un dessicateur ? Après enquête sur la toile, on découvre qu'un dessicateur est (selon la définition wikipediesque) : un équipement servant à protéger des substances contre l'humidité. Au laboratoire, il est constitué d'une cuve circulaire surmontée d'un couvercle ; l'ensemble est en verre épais ou en polycarbonate. La liaison des deux parties peut être réalisée par un rodage en verre ou un joint torique en élastomère. Certains modèles sont équipés d'une prise de vide avec robinet.

    L'exposition "Le retour des dessicateurs"

    Durant plus d'un siècle, des tonnes de toisons de moutons venues d'Australie, d'Afrique ou d'Amérique du Sud étaient déchargées sur les quais de Dunkerque avant de prendre la route de Roubaix où la laine était analysée dans les conditions afin de définir son prix. Les laborantins contrôlaient sa résistance, son élasticité et surtout le pourcentage d'humidité dans la fibre de laine grâce à un appareil appelé dessiccateur.

    Frédéric Le Junter



    Dans les Corps de garde de Gravelines, à l’occasion de Dunkerque 2013, Capitale régionale de la Culture, trois artistes sont invités à réinterpréter le processus de dessiccation : Adelin Schweitzer, Frédéric le Junter et le collectif poético-urbain Les Saprophytes.

    En regard de leurs créations, sera présentée une pièce authentique datant des années 50, telle qu’elle a pu fonctionner dans la salle de la Verrière de La Condition Publique. L’exposition sera présentée à la Condition Publique du 1er au 12 juin 2013, et à La Friche de la Belle de Mai de Marseille en 2014.

     

     

  • Il y a des vies qui dévient

    mattt konture,toupidek limonade

    La venue de Mattt Konture chez moi il y a quelques semaines n'est pas étrangère à la chronique que voici. Mattt a remarqué  le disque posé sur un présentoir du salon et m'a signalé qu'il appréciait beaucoup la musique de ce groupe. Et même si les instruments inventés ne figurent pas dans leur instrumentarium, un groupe aussi inventif et délirant méritait bien une chronique. En parallèle, relisant la comixture "Tombe la veste", je me suis aperçu que Mattt avait aussi expérimenté la lutherie sauvage avec une musique jouée sur piano en plastique et dougoudoucrayon  ! Il faudra que je lui demande des précisions sur ce crayon dougoudou !

    mattt konture

    Tant de concours de circonstances et de coincidences m'ont enfin décidé à écrire. Déjà pas mal de temps que la superbe pochette dessinée par Jean-Pierre Nadau me narguait. Le travail de Jean-Pierre Nadau ne m'était pas inconnu,. Je l'avais d'abord découvert comme journaliste au sein de l'excellente et défunte revue Notes pour laquelle il avait signé quelques articles. Je me souviens en particulier d'une page très documentée sur Chomo. Ensuite pour "L'Air de Riens", une exposition collective arlésienne organisée par Originart en 2009 dans laquelle il avait présenté plusieurs dessins de très grands formats à l'encre de Chine noire. Manque de temps, paresse, j'ai sans cesse reculé le moment d'extraire la galette de vinyl de son emballage papier avant de la poser avec précaution sur ma modeste platine qui fait tout mais pas très bien (vinyls, cds, K7, clé usb et même radio).

    Toupidek Limonade

    mattt konture,toupidek limonade,inpolysons

    Mais d'abord Toupidek Limonade kezaco ? Né en 1985, Toupidek Limonade est un trio composé de Jean Caël, basse, guitare, claviers, voix, Kwettap Ieuw, voix, percussions, et Denis Tagu, claviers, accordéon, percussion et voix. Denis Tagu est par ailleurs le fondateur du label rennais InPolySons, spécialisé dans différents courants des musiques inouïes, inentendues et inattendues, comme la toy music, la musique mécanique ou la musique brute (en référence à l'art brut de Jean Dubuffet).

    Si le nom fruité du groupe sonne comme celui d'une boisson exotique, en réalité Toupidek est un mot groenlendais se réfèrant aux petites statues sculptées dans des os de baleine qui représentent des monstres de mer aux pouvoirs magiques, et, sous le mot Limonade, point de sens caché mais un simple clin d'oeil à la célèbre boisson pétillante constituée de jus de citron, d'eau et de sucre. Dans certains contes esquimaux, le Toupidek est un petit être qui ressemble beaucoup à un lutin et qui vit dans des grottes creusées dans les glaciers du Groenland.

    toupidek limonade

    Tout ceci pourrait sembler anecdotique et pourtant, l'univers toupideklimonadien est l'exact reflet des mots et des histoires qui sous-tendent son intitulé. Fortement imprégnés d'humour dadaiste, délire pataphysique, nonsense anglais et calembours oulipiens, les titres sont à eux seuls de délicieux haikus saisis sur le vif du rasoir à mots. D'"Imaginer sa conception" à "Ethers nuitées" en passant par "Hélium d'insouciance", "Profite, rock & roll" et "Or, ni, car", on assiste à un détournement permanent du langage. Et la musique n'est pas en reste qui passe subrepticement d'une ritournelle enfantine absurde et inquiétante à une courte plage instrumentale aussitôt brisée par une rythmique obsédante, aussitôt agonisante. La musique de Toupidek Limonade surprend. Elle se joue des adjectifs comme des étiquettes. Elle est toujours là où on ne l'attend pas. Quelquefois, on aimerait que tel ou tel passage d'un morceau se prolonge mais trop tard, on est déjà emporté ailleurs. La musique de Toupidek Limonade n'est pas logique, elle tourne à l'envers des sillons et voyage au coeur des rêves.

    Des rêves qui se prolongent le temps d'un beau disque vinyl comme on en fait encore...quelquefois.

    Pour en savoir plus sur Toudidek Limonade, une page (en anglais) sur Progarchives.com : ici.

  • Un monde aphone

    récit sonore, Gérard Nicollet, Yannick Lemesle, Jacques Barville

    Dans le cadre du festival V.O.I.X. / Ecrits d'ici, dimanche 2 juin à 16h à l'atelier cinq, 5, rue Augustin Tardieu, 13200 Arles, lecture d'un récit sonore de Gérard Nicollet, lu par Jacques Barville, comédien, mis en sons par Yannick Lemesle, meli-melophone, stylophone, live electronics, et Gérard Nicollet, générateurs de basse fréquence, buddha machine, gristleism, mantra machine, platines, objets.

    Tout se déroule en silence. Le bruit de nos pas est étouffé, comme si nous marchions sur une épaisse couche de coton. Une brume imperceptible semble recouvrir l'atmosphère. Les sons y circulent peu, vidés de leur contenu par une machinerie aspirante.

    flyer2013_opt.jpg

     

  • Une batterie de papier

    Pierre Bastien, musique mécanique

    ©Laura Maria Quinonez Paredes.

    Mais où avais-je donc la tête pour laisser passer cette exposition de Pierre Bastien ? Elle était pourtant presque sous mes yeux, à deux pas de mon lieu de travail. C'est en surfant sur le net que j'ai découvert la galerie arlésienne Espace pour l'art. Pierre Bastien y présente du 3 mai au 15 juin, les jeudi, vendredi et samedi de 14h à 18h, une installation très proche de celle décrite sur son site, intitulée "Paper Drums". Cinq tambourins sont posés sur une surface plane et éclairés par dessous par une lampe. Leurs membranes sont frappées par des morceaux de papier  grâce au souffle de ventilateurs électriques, produisant une polyrythmie discrète mais riche. Comme toujours avec les installations sonores, et celle-ci ne fait pas exception, il faut prendre son temps. S'asseoir, fermer les yeux, s'imprégner de la mouvance répétitive des sons. Se lever, s'approcher, regarder, essayer de comprendre comment tout ce petit monde mécanique et lumineux s'anime et prend vie sous nos yeux. C'est à cet arrêt momentané du temps que l'installation de Pierre Bastien nous invite. Un nouvel espace ouvert vers un autre monde, où de simples feuilles de papier qui volent, créent du son, du rythme et de la lumière.

    Pierre Bastien

    ©Guy de Lacroix-Herpin.

  • Lutherie inouïe

    Lutherie urbaine

    Bonne nouvelle pour tous les amoureux de la lutherie expérimentale : pas un mois, pas une semaine sans que l'actualité de Lutherie Urbaine ne revienne sur le devant de la scène. Du 30 mai au 12 juin, c'est une exposition d'instruments de musique insolites, "Lutherie Inouïe", qui aura lieu à la Maison de quartier Théodore Monod à Guyancourt. Les créations instrumentales sont d'Alain Guazzelli, Florence Kraus et Benoît Poulain. Il s'agit d'une cinquantaine de prototypes en relations avec les créations de Lutherie Urbaine.

    Lutherie urbaine

    Lutherie urbaine


  • Factorev 2013

    musique mécanique,david tudor

    Factorev, 2ème édition de la récup créative, se tiendra à Nantes les 13, 14 et 15 juin à la Halle Alstom n° 5, île de Nantes, dans le cadre de Nantes Capitale Verte de l'Europe. A l’initiative de la Ressourcerie de l’île, l’événement est organisé par l’école des Beaux-arts de Nantes avec la participation des écoles de design, des métiers de l’imprimerie et d’architecture de Nantes. La programmation de cette année invite notamment à explorer l’étendue des sonorités de nos rebuts... Les acteurs de la manifestation s’attachent à convertir plusieurs tonnes de matériaux destinés à être jetés en objets valorisés à travers des expositions, performances, installations sonores, ateliers...

    max vandervorst

    Parmi les artistes programmés, on retrouve le luthier sauvage Max Vandervorst qui présentera "Ceci n'est pas un spectacle" jeudi 13 juin à 20h30 sur la petite scène de la Halle Alstom.

    Et aussi deux installations sonores : le 13 juin à 20h et le 14 juin à 14h30 et 19h : Bobbyland(e)s, un orchestre d'automates dont tous les instruments sont joués par des moteurs et programmés informatiquement. Durant l’année 2011-2012, ce projet participatif a réuni une trentaine d’intervenants dans le cadre d’une création partagée soutenue par la ville de Nantes, la DRAC des Pays de la Loire et le lieu unique. Tous les participants aux répétitions publiques hebdomadaires (et particulièrement les résidents du Bout des Landes, quartier du nord de Nantes où est basé le Studio d‘en Haut) y ont contribué en fonction de leurs disponibilités, leur savoir-faire, et leurs envies : depuis l’invention technique des Bobby (les robots qui actionnent les instruments) jusqu’à l’écriture de la pièce musicale qu’ils interprètent.
    Utilisant des instruments classiques (pianos, contrebasse, percussions…) déjoués par des imprimantes, lecteurs de disquettes ou moteur d’essuie-glace, le dispositif créé plonge l’auditeur dans des sonorités inattendues.Pour Factorev, Bobbyland(es) prend la forme d’une installation musicale réunissant tous les instruments fabriqués pendant l’atelier animé par l’équipe du Studio d’en Haut, rythmée par des performances en live.

     

    Le 13 juin à 20h30 et le 14 juin à 11h30, 15h et 19h30, Apo 33 qui revisitera l'oeuvre mythique de David Tudor "Rain Forest IV".  Sculptures ? Objets trouvés, parfois arrangés selon les envies du musicien, le plus souvent par le hasard des trouvailles : un caddie de supermarché suspendu au plafond, un vieux meuble classeur métallique, aux tiroirs à moitié ouverts remplis de fourchettes et de lampes qui clignotent parfois, de façon aléatoire, un grand radiateur métallique suspendu également. Le grand nombre d'objets suspendus s'explique facilement par la nécessité de leur laisser la plus grande possibilité de vibrer, donc résonner, librement : une grande tôle ondulée à laquelle est fixé un néon, ou encore une très grande vitre; tous les objets sont équipés des fameux transducers ainsi que de capteurs, qui reprennent les sons filtrés et parfois produits par les sculptures...

    musique mécanique,david tudor,max vandervorst

     

  • Les LULLitiens en fête

    Lutherie Urbaine, Les Urbs, LULLitiens

    Les LULLitiens seront à la fête dans les rues de Montreuil, Bagnolet et Paris le week-end du 25 et 26 mai ainsi que le dimanche 2 juin. Les LULLitiens est un orchestre composé de 4 musiciens professionnels, Jorge de Moura, Alain Guazzelli, Florence Kraus, Julien Lambert, accompagnés par une dizaine de musiciens amateurs de tous âges et de tous niveaux.

    Lutherie Urbaine, Les Urbs

    Photo Claire Lenormand

    Plus d'infos sur le site de Lutherie Urbaine.

  • De l'objet recyclé à la création musicale

    Les Urbs

    Concert au LULL, mars 2012 © Mélissa Azaïche

    Les premières rencontres européennes (concerts, rencontres, workshops, ...) autour de l'objet recyclé dans la création musicale ont eu lieu au LULL, siège de l'association Lutherie Urbaine, du 13 au 17 décembre 2012. Elles rassemblaient trois acteurs importants de la lutherie inventive : Riciclato Musicale, quatre musiciens d'Ancône inventeurs d'un instrumentarium issu de la récup' et du détournement d'objets, Max Vandervorst, luthier sauvage bien connu des amateurs, et Les Urbs, groupe de musiciens à géométrie variable gravitant autour de Lutherie Urbaine.

    Plus d'infos ici : ProjetEuropeenDec2012.pdf

    Riciclato Circo Musicale

    Max Vandervorst

    Chaises Musicales de Max Vandervorst (photo M. Stein)

     

  • Luthineries

    Luthineries

    A ne surtout pas manquer ce week-end, Luthineries, le salon des inventeurs de sons au Moulin des Evêques à Agde. Du vendredi 10 mai au dimanche 12 mai, de nombreux évènements sonores (exposition, rencontres, ateliers,  concerts, ...) autour de la lutherie inventive. Avec notamment Armel Plunier, bricophoniste bien connu des lecteurs de Chercheurs de sons, mais aussi l'Ensemble Hope avec Pinuccio Sciola qui présente une création en première mondiale : un concert pour deux cristals et harpes de pierre. Les cristals font référence bien sûr au célèbre instrument conçu par Bernard Baschet et François Baschet et les harpes de pierre sont une création du sculpteur italien Pinuccio Sciola, déjà présenté ici-même.

    Armel Plunier

    Armel Plunier

    Ensemble Hope

    Ensemble Hope

    Pinuccio Sciola

    Pinuccio Sciola

    Plus d'infos sur le site du festival : Luthineries

  • Proust à la raquette

    Marcel Proust, photographie

    Marcel Proust

    Clin d'oeil, bien avant les championnats d'Air Guitar : une photo de Marcel Proust mimant un jeu de guitare sur une raquette de tennis. Clin d'oeil qui en rappelle d'autres, évoqués ici-même: souvenez-vous du piano aux touches de sucre d'Antonin Artaud, de la trompette en papier d'Adolf Wölfli ou des objet sonores et poétiques de Jacques Carelman dans son célèbre "Catalogue des objets introuvables". Instruments virtuels, instruments bricolés, instruments rêvés.

    Adolf Wölfli, trompette en papier

    Adolf Wölfli

    jacques carelman

    Grosse caisse hydraulique. Jacques Carelman

  • Guitare à une corde

    guitare, Brushy One String, One String Guitar

    Retour aux affaires en douceur, avec peu de notes, et, pour l'instrument qui nous occupe aujourd'hui, peu de cordes, voire même une seule corde. Une guitare sommaire qui n'aurait pas déplu à Bobby "l'ami zantrop" Lapointe. Démonstration en images avec un blues acoustique interprété par le bien nommé Brushy One String, roi de la guitare à une corde.

    On trouve de nombreux autres exemples de guitares à une corde chez les luthiers inventeurs. En voici deux exemples parmi les plus réussis.

    One String Guitar

    Cardboard One String Guitar. Brendan de Vallance

    One String Guitar, Cigarbox Guitar

  • Guitares de rêves

    Brian Chan, sculpture sonore

    Pour bien commencer l'année, voici quelques images des guitares sculptures de Brian Chan, jeune artiste écossais oeuvrant aussi dans la mode et le design. Je ne sais pas si ces instruments fonctionnent ou s'ils sont de simples sculptures. C'est par le biais du site Boooooom!que j'ai fait cette découverte. C'est également sur Boooooom! que j'ai déniché d'autres trouvailles intéressantes dont je vous parlerai demain...ou très bientôt.

    Brian Chan, sculpture sonore

    Brian Chan, sculpture sonore

    Brian Chan, sculpture sonore

    Brian Chan, sculpture sonore

    Brian Chan, sculpture sonore

    Brian Chan, sculpture sonore

    Brian Chan, sculpture sonore

  • Landfil Harmonic

    Landfil Harmonic

    Imaginez un orchestre de musique classique où tous les instruments (violon, violoncelle, flûte) proviendraient de la récup' et sur lesquels il serait possible de jouer des oeuvres de Bach, de Mozart ou d'autres compositeurs célèbres. Cet orchestre, le Landfil Harmonic, existe à Cateura, un bidonville du Paraguay construit sur un site d’enfouissement de déchets. Il est formé de jeunes musiciens que rien ne prédestinait à faire de la musique.

    Les 2.500 familles qui résident dans cette zone désolée séparent les ordures pour le recyclage. Un rapport de l’Unicef  note que plus de 1.500 tonnes de déchets solides sont déversés chaque jour sur ce site. Ce sont souvent les plus jeunes habitants de Cateura qui se chargent de la collecte et de la revente des déchets. En outre, l’eau y est extrêmement polluée et les jours de pluie, le secteur est envahi par ces eaux contaminées.

    Landfil Harmonic

     

    « Un violon coûte plus cher qu'une maison ici », explique Favio Chavez, directeur et fondateur de l’orchestre Landfill Harmonic. « Ma vie ne serait rien sans la musique », explique une jeune fille. Juan Manuel Chavez, surnommé Bebi, a construit un violoncelle à partir d’un bidon d’huile et d’anciens ustensiles de cuisine. Face à la caméra, il interprète magnifiquement le Prélude de la 1ère Suite pour violoncelle de Jean- Sébastien Bach.

    Landfil Harmonic

    « Les gens réalisent que nous ne devrions pas jeter tant de déchets de façon négligée », souligne Favio Chavez à la fin de la bande-annonce. « Et bien, nous ne devrions pas non plus abandonner les gens ». « Vous nous envoyez vos déchets, on vous renvoie de la musique ! ». (Arnaud Lefebvre)

    Landfil Harmonic

    Un documentaire sur cet orchestre atypique, "Landfil Harmonic", est en cours de réalisation par Juliana Penaranda-Loftus & Alejandra Nash. Le film montre comment des déchets et des matériaux recyclés peuvent être métamorphosés en instruments de musiques beaux et fonctionnels, mais plus important encore il témoigne de la transformation d'être humains grâce à la musique.

  • Playing With The Dead

    the-walking-dead.jpg

    The Walking Dead

    Non, il ne s'agit pas d'un nouvel épisode de la série Walking Dead ni même une énième déclinaison zombiesque façon Romero mais du nouveau trio de Pierre Bastien qui avec "Playing with the dead" ajoute une dimension cinématographique à son univers musical. Accompagné du bassiste et platicien hollandais Bruno Xavier Ferro Da Silva et du batteur jazz anglais Steve Argüelles, Pierre Bastien, à la trompette préparée et à la video, sera en concert le mardi 18 décembre à 20h 30 au Théâtre Berthelot à Montreuil dans le cadre de la Semaine du Bizarre.

    pierre bastien

    Pierre Bastien (photo Guy de Lacroix-Herpin)

    Le nouveau trio de Pierre Bastien joue avec les vidéos de musiciens du passé : des seconds violons d’un orchestre égyptien, des anonymes d’un rituel jamaïcain, des animateurs oubliés d’un cabaret parisien, la section rythmique d’un jazz antique. Dans cette ambiance de vieux films 16 mm les musiciens ressuscités répètent leur partie en boucle, un peu comme des machines.

    pierre bastien

    Playing with the dead (photo Guy de Lacroix-Herpin)



    Pour ce nouveau projet, Pierre Bastien a minutieusement sélectionné des brefs moments filmés qu’il a reconstruits et mis en boucle pour reconstituer les leitmotiv cinétiques nécessaires à ses compositions. En duo ou trio accompagné par deux instrumentistes, Pierre Bastien joue avec eux des compositions originales à peine influencées par le folklore inhérent à chaque boucle vidéo, pour au contraire les faire revivre dans sa musique.




    Comme s’il souhaitait qu’un musicien futur lui réserve le même sort : que dans quelques décennies, il le tire de l’oubli pour l’associer à son groupe.

    pierre bastien

     

  • L'art des déchets sonnants

    Riciclato Circo Musicale, Lutherie Urbaine

    Amoureux des musiques hors les normes, passionnés de lutherie sauvage, dingos de recyclages musicaux en tous genres, cette information devrait vous intéresser.  Les premières rencontres  autour du projet européen "De l'objet recyclé à la création musicale" auront lieu au LULL (Lutteries Urbaines et Lutherie Urbaine) à Bagnolet du 13 au 17 décembre 2012. Après avoir mené une série d'échanges avec des artistes congolais, mozambicains et sud-africains autour de la récupération entre 2000 et 2010, Lutherie Urbaine entame en 2012 et jusqu'en 2014 un cycle de rencontres avec les compagnies Riciclato Circo Musicale et Curieux Tympan. Et ce mois-ci, après trois jours de workshop, c'est le belge Max Vandervorstqui ouvrira le bal le samedi 15 décembre à 20h avec son "Récital pour objets abandonnés et clavier tempéré". Accompagné au piano par Marc Hérouet, le luthier sauvage jouera divers mélodies poétiques et jubilatoires dont il a le secret sur un instrumentarium improbable et inattendu : boîte de conserves, klaxons, fers à repasser, pack de bières, rasoir jetable, ... Belle soirée en perspective !

    max vandervorst, lutherie sauvage

    Le dimanche 16 décembre à 17h ce sera au tour des quatre acolytes du Riciclato Circo Musicale d'entrer en scène. Comme Max Vandervorst, eux aussi font appel à la récupération pour la construction de leurs intruments. Leur spectacle "Electrodomesticatour" intègre des objets du quotidien et en particulier à de nombreux ustensiles electroménagers comme pour mieux nous faire toucher de l'oreille que les sons sont partout : "Non buttate via niente, anzi suonatelo ! (Ne jetez rien, faites sonner !).

    riciclato circo musicale


  • Le Grand Letar

    Letritia Kandle, Grand Letar

    Certains noms viennent immédiatement à l'esprit lorsqu'on pense aux pionniers de la guitare électrique : Les Paul, Alvino Rey, Charlie Christian, Merle Travis et quelques autres. Mais une femme mériterait de faire partie de ce panthéon guitaristique. En 1937, Letritia Kandle invente le Grand Letar, la première guitare électrique de table. Voici comment est présenté l'instrument dans Down Beat en octobre 1937, un des premiers articles de presse de l'époque dédié à cet instrument :

    Letritia Kandle, Grand Letar

    Paul Witheman et Letritia Kandle au Grand Letar

    Ce nouvel instrument, connu sous le nom de "Grand Letar" (ainsi nommé par Paul Whiteman) a été inventé et construit par Letritia Kandle. L'instrument à 26 cordes et possède un effet lumineux très nouveau puisqu'il est le seul instrument dont la couleur change quand on en joue. Pendant six ans Miss Kandle a travaillé et développé le système harmonique de l'instrument à partir de celui d'une guitare hawaïenne 18 cordes qu'elle avait également conçue et fabriquée. Miss Kandle a interprété de nombreux programmes musicaux à travers les Etats-Unis. Elle possède son propre orchestre à cordes pour lequel elle écrit tous les arrangements. Miss Kandle a présenté son instrument lors du dernier salon des luthiers de New York.

    Letritia Kandle, Grand Letar

    Letritia Kandle, Grand Letar

    Letritia Kandle dirige le Chicago Plectrophonic Orchestra

    Très jeune, Letritia Kandle des dispositions particulières pour la steel guitar et en 1933 elle se spécialise dans la culture hawaïenne. L'année suivante, elle fonde un groupe de filles, The Koala Girls, qui joue de la musique hawaïenne. En 1937, Letritia a en rêve la vision d'un nouvel instrument de musique et travaille avec son père qui est ingénieur  et la société National Guitars pour que ce rêve devienne réalité. Kandle disait qu'elle avait rêvé que cet instrument est "un son plein, un peu comme celui d'un orgue, et qu'il puisse produire une harmonie complète et change de couleur à chaque changement de tons." Elle a ensuite voyagé à travers tout le pays et joué pour beaucoup de ses idoles mais aujourd'hui il n'existe aucun enregistrement de Letritia Kandle et du Grand Letar.

    Letritia Kandle, Grand Letar, Koala Girls

    Elle n'a jamais connu la gloire et le succès comme beaucoup de ses pairs à la même époque et a progressivement sombré dans l'anonymat. National Guitars n'a jamais construit d'autres exemplaires du Grand Letar en raison de conditions de fabrication trop lourdes et trop coûteuses. A la fin des années 2000, un historien de la steel guitar nommé Paul Warnik a découvert par hasard une photo de Letritia Kandle et de son instrument et n'a pas pu la chasser de son esprit. Après enquête, il a retrouvé sa trace et a pu la rencontrer chez elle alors qu'elle approchait les 90 ans. Dans sa maison il y avait un Grand Letar remisé depuis 55 ans sous les escaliers. Il l'a fait restaurer et le Grand Letar a entamé une nouvelle vie.

    Paul Warnik, Grand Letar

    Paul Warnik et le Grand Letar


  • Le Son Est Toujours Présent

    Will Menter

    L'ami Will Menter remet le couvert et nous propose de l'aider à la création de son nouveau projet "Le Son Est Toujours Présent" :

     

    Bonjour

     

     J'écris à tous et toutes de ma liste mailing pour vous informer de mon nouveau projet "Le Son est Toujours Présent".  C'est en mûrissement depuis un an et s'occupe d'une période plus qu'une décennie.  Il comprime un livre de 200 pages de photos et textes à propos mon œuvre - en solo aussi qu'en collaboration - avec 3 CDs audio de ma musique. Peut-être vous ou quelqu’un de votre connaissance vous intéressez de soutenir ce projet.  J'ai devisé un système pour faciliter ce soutien, que c'est une précommande simple d'un exemplaire ou une contribution plus importante.  Dans tous les cas je vous propose quelque chose en échange, approprié au niveau de votre contribution.  Vous trouverez toutes les informations ici :

    http://www.willmenter.com/toujourspresent.htm 

    Si ça vous intéresse, merci de faire suivre le lien, et j'attends tous les retours et commentaires avec impatience !

    Je vous remercie.

    Will

    Will Menter

     

     

     

     

  • Des souliers et deux hommes

    arno fabre,installation sonore

    Si vous passez par Bouzin, dans le canton d'Aurignac en Haute Garonne, les samedi 17 novembre à 17h et à 21h et le dimanche 18 novembre à 17h, vous aurez une occasion unique d'assister à l'une des trois représentations des installations sonores d'Arno Fabre et de Laurent Bigot.

    C’est en venant à l’heure dite que vous pourrez tout voir : “Les souliers” d’Arno Fabre et “Le Petit Cirque” de Laurent Bigot, pour une après-midi / soirée autour du son produit par la manipulation d’objets, mécanique ou manuelle !

    arno fabre,installation sonore

    Commençons par l’installation sonore d’Arno Fabre : une armée de souliers composée de 30 paires de chaussures. Bottines, escarpins, chaussures d’enfants, etc. frappent, frottent le sol, s’emballent ou ralentissent pour créer rythmes et contretemps. Fermez les yeux et distinguez marches joyeuses ou guerrières ; ouvrez les yeux et observez toutes ces chaussures aux tempéraments multiples (certaines sont provocantes, timides, séduisantes) ; ces orphelines de pieds semblent convoquer les fantômes de ceux qui les ont habitées, choyées ou abîmées… Fascinant.

     

    Poursuivons avec “Le Petit Cirque” de Laurent Bigot : ce passionné de musique improvisée et d’expérimentations sonores a construit une petite piste de cirque hors du commun où chaque action est guidée par le son. À partir de bouts de ficelles, de ressorts, de jouets de quincaille et autres gadgets démodés, il met en piste des numéros fragiles pour lilliputiens qui déclenchent vibrations et mélodies étonnantes. De mini voltiges en micro pirouettes, vos yeux et vos oreilles en seront tout… ébouriffés !

    laurent bigot,installation sonore

    laurent bigot,installation sonore