Les premières rencontres européennes (concerts, rencontres, workshops, ...) autour de l'objet recyclé dans la création musicale ont eu lieu au LULL, siège de l'association Lutherie Urbaine, du 13 au 17 décembre 2012. Elles rassemblaient trois acteurs importants de la lutherie inventive : Riciclato Musicale, quatre musiciens d'Ancône inventeurs d'un instrumentarium issu de la récup' et du détournement d'objets, Max Vandervorst, luthier sauvage bien connu des amateurs, et Les Urbs, groupe de musiciens à géométrie variable gravitant autour de Lutherie Urbaine.
Retour aux affaires en douceur, avec peu de notes, et, pour l'instrument qui nous occupe aujourd'hui, peu de cordes, voire même une seule corde. Une guitare sommaire qui n'aurait pas déplu à Bobby "l'ami zantrop" Lapointe. Démonstration en images avec un blues acoustique interprété par le bien nommé Brushy One String, roi de la guitare à une corde.
On trouve de nombreux autres exemples de guitares à une corde chez les luthiers inventeurs. En voici deux exemples parmi les plus réussis.
Imaginez un orchestre de musique classique où tous les instruments (violon, violoncelle, flûte) proviendraient de la récup' et sur lesquels il serait possible de jouer des oeuvres de Bach, de Mozart ou d'autres compositeurs célèbres. Cet orchestre, le Landfil Harmonic, existe à Cateura, un bidonville du Paraguay construit sur un site d’enfouissement de déchets. Il est formé de jeunes musiciens que rien ne prédestinait à faire de la musique.
Les 2.500 familles qui résident dans cette zone désolée séparent les ordures pour le recyclage. Un rapport de l’Unicef note que plus de 1.500 tonnes de déchets solides sont déversés chaque jour sur ce site. Ce sont souvent les plus jeunes habitants de Cateura qui se chargent de la collecte et de la revente des déchets. En outre, l’eau y est extrêmement polluée et les jours de pluie, le secteur est envahi par ces eaux contaminées.
« Un violon coûte plus cher qu'une maison ici », explique Favio Chavez, directeur et fondateur de l’orchestre Landfill Harmonic. « Ma vie ne serait rien sans la musique », explique une jeune fille. Juan Manuel Chavez, surnommé Bebi, a construit un violoncelle à partir d’un bidon d’huile et d’anciens ustensiles de cuisine. Face à la caméra, il interprète magnifiquement le Prélude de la 1ère Suite pour violoncelle de Jean- Sébastien Bach.
« Les gens réalisent que nous ne devrions pas jeter tant de déchets de façon négligée », souligne Favio Chavez à la fin de la bande-annonce. « Et bien, nous ne devrions pas non plus abandonner les gens ». « Vous nous envoyez vos déchets, on vous renvoie de la musique ! ». (Arnaud Lefebvre)
Un documentaire sur cet orchestre atypique, "Landfil Harmonic", est en cours de réalisation par Juliana Penaranda-Loftus & Alejandra Nash. Le film montre comment des déchets et des matériaux recyclés peuvent être métamorphosés en instruments de musiques beaux et fonctionnels, mais plus important encore il témoigne de la transformation d'être humains grâce à la musique.
Non, il ne s'agit pas d'un nouvel épisode de la série Walking Dead ni même une énième déclinaison zombiesque façon Romero mais du nouveau trio de Pierre Bastien qui avec "Playing with the dead" ajoute une dimension cinématographique à son univers musical. Accompagné du bassiste et platicien hollandais Bruno Xavier Ferro Da Silva et du batteur jazz anglais Steve Argüelles, Pierre Bastien, à la trompette préparée et à la video, sera en concert le mardi 18 décembre à 20h 30 au Théâtre Berthelot à Montreuil dans le cadre de la Semaine du Bizarre.
Pierre Bastien (photo Guy de Lacroix-Herpin)
Le nouveau trio de Pierre Bastien joue avec les vidéos de musiciens du passé : des seconds violons d’un orchestre égyptien, des anonymes d’un rituel jamaïcain, des animateurs oubliés d’un cabaret parisien, la section rythmique d’un jazz antique. Dans cette ambiance de vieux films 16 mm les musiciens ressuscités répètent leur partie en boucle, un peu comme des machines.
Playing with the dead (photo Guy de Lacroix-Herpin)
Pour ce nouveau projet, Pierre Bastien a minutieusement sélectionné des brefs moments filmés qu’il a reconstruits et mis en boucle pour reconstituer les leitmotiv cinétiques nécessaires à ses compositions. En duo ou trio accompagné par deux instrumentistes, Pierre Bastien joue avec eux des compositions originales à peine influencées par le folklore inhérent à chaque boucle vidéo, pour au contraire les faire revivre dans sa musique.
Comme s’il souhaitait qu’un musicien futur lui réserve le même sort : que dans quelques décennies, il le tire de l’oubli pour l’associer à son groupe.
Amoureux des musiques hors les normes, passionnés de lutherie sauvage, dingos de recyclages musicaux en tous genres, cette information devrait vous intéresser. Les premières rencontres autour du projet européen "De l'objet recyclé à la création musicale" auront lieu au LULL (Lutteries Urbaines et Lutherie Urbaine) à Bagnolet du 13 au 17 décembre 2012. Après avoir mené une série d'échanges avec des artistes congolais, mozambicains et sud-africains autour de la récupération entre 2000 et 2010, Lutherie Urbaine entame en 2012 et jusqu'en 2014 un cycle de rencontres avec les compagnies Riciclato Circo Musicale et Curieux Tympan. Et ce mois-ci, après trois jours de workshop, c'est le belge Max Vandervorstqui ouvrira le bal le samedi 15 décembre à 20h avec son "Récital pour objets abandonnés et clavier tempéré". Accompagné au piano par Marc Hérouet, le luthier sauvage jouera divers mélodies poétiques et jubilatoires dont il a le secret sur un instrumentarium improbable et inattendu : boîte de conserves, klaxons, fers à repasser, pack de bières, rasoir jetable, ... Belle soirée en perspective !
Le dimanche 16 décembre à 17h ce sera au tour des quatre acolytes du Riciclato Circo Musicale d'entrer en scène. Comme Max Vandervorst, eux aussi font appel à la récupération pour la construction de leurs intruments. Leur spectacle "Electrodomesticatour" intègre des objets du quotidien et en particulier à de nombreux ustensiles electroménagers comme pour mieux nous faire toucher de l'oreille que les sons sont partout : "Non buttate via niente, anzi suonatelo ! (Ne jetez rien, faites sonner !).
Si vous passez par Bouzin, dans le canton d'Aurignac en Haute Garonne, les samedi 17 novembre à 17h et à 21h et le dimanche 18 novembre à 17h, vous aurez une occasion unique d'assister à l'une des trois représentations des installations sonores d'Arno Fabre et de Laurent Bigot.
C’est en venant à l’heure dite que vous pourrez tout voir : “Les souliers” d’Arno Fabre et “Le Petit Cirque” de Laurent Bigot, pour une après-midi / soirée autour du son produit par la manipulation d’objets, mécanique ou manuelle !
Commençons par l’installation sonore d’Arno Fabre : une armée de souliers composée de 30 paires de chaussures. Bottines, escarpins, chaussures d’enfants, etc. frappent, frottent le sol, s’emballent ou ralentissent pour créer rythmes et contretemps. Fermez les yeux et distinguez marches joyeuses ou guerrières ; ouvrez les yeux et observez toutes ces chaussures aux tempéraments multiples (certaines sont provocantes, timides, séduisantes) ; ces orphelines de pieds semblent convoquer les fantômes de ceux qui les ont habitées, choyées ou abîmées… Fascinant.
Poursuivons avec “Le Petit Cirque” de Laurent Bigot : ce passionné de musique improvisée et d’expérimentations sonores a construit une petite piste de cirque hors du commun où chaque action est guidée par le son. À partir de bouts de ficelles, de ressorts, de jouets de quincaille et autres gadgets démodés, il met en piste des numéros fragiles pour lilliputiens qui déclenchent vibrations et mélodies étonnantes. De mini voltiges en micro pirouettes, vos yeux et vos oreilles en seront tout… ébouriffés !
Au Lieu Unique à Nantes se tient une exposition à ne surtout pas rater, Bobbyland[e]s, orchestre d’automates dont tous les instruments sont joués par des moteurs et programmés informatiquement. Bobbyland[e]s : exposition du 20 au25 novembre 2012, tous les mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche, de 15h à 19h.
Durant l’année 2011-2012, ce projet participatif a réuni une trentaine d’intervenants dans le cadre d’une création partagée soutenue par la ville de Nantes, la DRAC des Pays de la Loire et le lieu unique. Tous les participants aux répétitions publiques hebdomadaires (et particulièrement les résidents du Bout des Landes, quartier du nord de Nantes où est basé le Studio d‘en Haut) y ont contribué en fonction de leurs disponibilités, leur savoir-faire, et leurs envies : depuis l’invention technique des Bobby (les robots qui actionnent les instruments) jusqu’à l’écriture de la pièce musicale qu’ils interprètent.
Utilisant des instruments classiques (pianos, contrebasse, percussions…) déjoués par des imprimantes, lecteurs de disquettes ou moteur d’essuie-glace, le dispositif créé plonge l’auditeur dans des sonorités inattendues.
L’instrumentarium ainsi créé est par la suite contrôlé via l’informatique avec l’aide de « cartes » électroniques spécialement imaginées et conçues par Naonext. A l’aide de ces cartes l’ordinateur peut ensuite commander précisément chaque moteur permettant la composition d’une pièce sonore.
En novembre 2012, au lieu unique, Bobbyland[e]s prend la forme d’une installation musicale réunissant tous les instruments fabriqués pendant l’atelier animé par l’équipe du Studio d’en Haut, rythmée par des performances en live.
Cette installation musicale est présentée par l'association nantaise Studio d'en haut, installée depuis 2009 aux ateliers Cassin, spécialisée dans la musique, l'art numérique, l'art visuel et la nouvelle lutherie.
« - Prendras-tu un apéritif ? demanda Colin. Mon pianococktail est achevé, tu pourrais l’essayer. - Il marche ? demanda Chick. - Parfaitement. J’ai eu du mal à le mettre au point, mais le résultat dépasse mes espérances. J’ai obtenu, à partir, de la Black and Tan Fantasy, un mélange vraiment ahurissant. - Quel est ton principe ? demanda Chick. - A chaque note, dit Colin, je fais correspondre un alcool, une liqueur ou un aromate. La pédale forte correspond à l’œuf battu et la pédale faible à la glace. Pour l’eau de Selbtz, il faut un trille dans le registre aigu. Les quantités sont en raison directe de la durée : à la quadruple croche équivaut le seizième d’unité, à la noire l’unité, à la ronde le quadruple unité. Lorsque l’on joue un air lent, un système de registre est mis en action, de façon que la dose ne soit pas augmentée – ce qui donnerait un cocktail trop abondant – mais la teneur en alcool. Et, suivant la durée de l’air, on peut, si l’on veut, faire varier la valeur de l’unité, la réduisant, par exemple au centième, pour pouvoir obtenir une boisson tenant compte de toutes les harmonies au moyen d’un réglage latéral. - C’est compliqué, dit Chick. - Le tout est commandé par des contacts électriques et des relais. Je ne te donne pas de détails, tu connais ça. Et d’ailleurs, en plus, le piano fonctionne réellement. - C’est merveilleux ! dit Chick. - Il n’y a qu’une chose gênante, dit Colin, c’est la pédale forte pour l’oeuf battu. J’ai dû mettre un système d’enclenchement spécial, parce que lorsqu’on joue un morceau trop « hot », il tombe des morceaux d’omelettes dans le cocktail, et c’est dur à avaler. Je modifierai ça. Actuellement, il suffit de faire attention. Pour la crème fraîche, c’est le sol grave. - Je vais m’en faire un sur Loveless Love, dit Chick. Ça va être terrible. -Il est encore dans le débarras dont je me suis fait un atelier, dit Colin, parce que les plaques de protection ne sont pas vissées. Viens, on va y aller. Je le règlerai pour deux cocktails de vingt centilitres environ, pour commencer.
Chick se mit au piano. A la fin de l’air, une partie du panneau de devant se rabattit d’un coup sec et une rangée de verres apparut. Deux d’entre eux étaient pleins à ras bord d’une mixture appétissante. - J’ai eu peur, dit Colin. Un moment, tu as fait une fausse note. Heureusement, c’était dans l’harmonie. - Ça tient compte de l’harmonie ? dit Chick. - Pas pour tout, dit Colin. Ce serait trop compliqué. Il y a quelques servitudes seulement. Bois et viens à table. »
Le pianocktail de Boris Vian dans "L'Ecume des Jours", vous connaissez ? Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous quelques notes en arrière avec en 2007 "Un pianocktail pour le réveillon", puis récidive en 2008 avec "Des pianocktails en veux-tu en voilà !", et pour finir en mars 2010 "Le retour du pianocktail". Jusqu'à aujourd'hui, on trouvait peu de videos de l'instrument sur la toile, jusqu'à ce que Jean-François Zygel n'ait eu la bonne idée d'inviter Voel Martin, de la Compagnie marseillaise La Rumeur, dans son émission La Boîte à Musique le 21 juillet 2011.
Si vous habitez Lyon ou si vous passez par là, n'oubliez pas d'aller visiter l'atelier de Lionel Stocard, (dont j'ai déjà eu l'occasion de parler ici-même). Du 10 septembre au 10 octobre, l'artiste ouvre les portes de son antre. Une occasion unique de découvrir ou de redécouvrir des objets sonores le plus souvent inspirés par le rêve.
Révibracléide
La vie d'artiste, c'est génial.
Je vous invite à venir découvrir mes dernières créations (des téléphones importables, une installation sonore, des peintures et des mobiles mécaniques) ainsi que mon atelier où les odeurs de bois usinés se mélangent aux odeurs d'huiles et de térébenthine. Une exposition et un lieu de travail vous sont ouverts personnellement, je vous accueillerai sur rendez-vous. Et c'est vous qui m'inviterez à déguster le verre de l'amitié... la vraie vie d'artiste !
Joueurs d’angklung Dessin d'Emile Bayard paru dans L'Illustration en 1889.
C'est un petit instrument plutôt discret, aux possibilités mélodiques réduites mais pourtant particulièrement fascinant. D'après Wikipedia, l'angklung, angklung kocok ou angkalung est à la fois un instrument de musique en bambou et un ensemble de musiciens l'utilisant. Il s'agit d'un hochet complexe d'Indonésie populaire dans toute l'Asie du Sud-Est. Il se compose de deux ou trois sections de bambou servant de résonateurs, attachés et maintenus par un ensemble d'autres petites sections de bambou, plus fines, elles-mêmes reliées à un cadre, faisant office de portique. Il en existe toute une série allant de vingt centimètres à plus d'un mètre.On obtient de la musique de l'angklung en le secouant, faisant ainsi claquer les résonateurs de bambou sur les montants. Chaque instrument produit ainsi deux ou trois notes. Il est souvent disposé en série croissante si bien qu'au lieu d'avoir un ou deux instruments par musicien, ce dernier pourra en manipuler plusieurs dizaines. Généralement, trois personnes ou plus ont un angklung dans leurs mains, qui produisent des sons sur différents tons. De cette façon, il est possible de jouer une mélodie pentatonique complète.
L'un des pionniers de la lutherie expérimentale en France, le musicien et musicologue Robert Hébrard, s'est intéressé aux possibilités musicales de l'angklung. Après plusieurs séjours d'études musicales à Bali, Robert Hébrard abandonne l'enseignement de la philosophie pour se consacrer uniquement à la musique : facture instrumentale, enseignement, composition, concerts. Au croisement des traditions d'Afrique, d'Indonésie et d'Europe, il crée une famille de percussions mélodiques en bois, bambou, pierre, peaux et parfois métal.
C'est dans ce même esprit qu'a été conçu l'Orgue à angklungs, un instrument original qui permet à un musicien soliste, contrairement à l'angklung originel, de jouer tous les répertoires possibles, sur une gamme chromatique couvrant 3 octaves. L'instrument chante comme un orgue bien qu'il n'ait aucune soufflerie et que le son soit produit par une pluie de petites percussions. Les photos qui suivent ont été prises lors d'une rencontre avec Robert Hébrard dans le Village Musical de Ribambelle à Rennes-le-Château pour la préparation du livre Chercheurs de sons. Le dessin de l'Orgue à angklungs tiré du même ouvrage est de Vincent Brunot.
Découvert grâce à Lutherie Urbaine (que je remercie ici), voici Mécaphonies, une installation sonore créée le 15 mai 2008 au Manège de Reims, dans le cadre d'un "Grand Soir", rendez-vous régulier organisé par le Studio Césaré et le Manège de Reims.
Mécaphonies est un projet qui s’articule autour de 7 sculptures-machines de Laurent Golon pilotées, par le truchement d’une carte MIDI, par un ordinateur qui exécute des partitions de Jean-Marc Chouvel.Le dispositif est enrichi par un système sonore de diffusion qui fait entendre simultanément des séquences électro-acoustiques. Ces séquences s’intègrent d’autant mieux qu’elles ont été composées à partir d’enregistrements des sculptures réalisés à l’atelier. Chaque moment musical propose donc la rencontre de deux types de sons : le premier est stable, puisque enregistré, l’autre est plus aléatoire car il met en œuvre des mécaniques soumises à des forces contradictoires : pour une même commande de la carte, les sculptures produisent en effet à chaque fois unévénement sonore différent.
Mécaphonies#3 constitue une évolution du deuxième dispositif, avec bérimcell', présenté aux Instants Chavirés à Montreuil (93). La possibilité nous a été offerte d'approfondir le travail de sonorisation des sculptures à l'occasion d'une résidence au studio Césaré à Reims. Il s'agissait d'adapter le dispositif à un lieu tel que le cirque du Manège de Reims (un des cirques d'hivers du XIXe siècle les mieux préservés).
Le Berimcell' est un instrument hybride, inventé par Loran Brunet. Il allie les possibilités du Violoncelle, en particulier avec l’archet frotté, et celles du Berimbao, un instrument traditionnel brésilien. Les possibilités de cet instrument sont exceptionnelles, et la palette de sonorités accessibles extrêmement étendue. Laurent Brunet le joue habituellement avec l’archet préparé, un archet à quatre faces utilisé pour la première fois par Jean-Marc Chouvel dans une pièce pour violoncelle et dispositif : De ma fenêtre.
Dernière note de l'été dédiée aux plaques musicales avec les oeuvres de l'artiste Stéphane Dubois. Ici, il ne sera pas à proprement parler de "plaques sonores" mais de "fleurs de sable" et de "mandalas d'eau". Installé dans le Sud Est, le plasticien Stéphane Dubois poursuit depuis de nombreuses années un travail ambitieux dans lequel invention d'instruments et expression picturale sont étroitement liés.
Tambour
Depuis 1998 je conçois et réalise des objets sonores par souci de mise en résonance entre le masculin et le féminin exprimée jusque là par des rapports de formes pures dans mes sculptures-modelages. Depuis cette période, le rituel pictural (et les réalisations qui en résultent) associe délibérément le tambour et la toile (série "peaux végétales").
Peau végétale
Parmi les nombreux instruments réalisés, citons différentes caisses de résonance pour tambour : "montgolfière" : caisse en verre réalisée à partir d'une bombone (de 25 litres), peau de chèvre et caisse de résonance basse à partir d'une cloche en verre suspendue ; "turbine" : réalisations à partir de formes en terre cuite et/ou résine favorisant un son long et riche en harmoniques ; "gendir": bendir géant de un mêtre de diamètre réglable en hauteur, en horizontalité et en tension. Ces tambours sont utilisés pour la création de "Fleurs de sable".
Fleur de sable
Depuis 2004 j'ai également développé des outils de visualisation du son (cimatique) qui permettent d'apprécier pleinement le lien intime unissant la forme et l'univers sonore : ces outils utilisent différentes substances (poudres, sables, liquides) et différentes modalités activatrices (percussion, voix et micro, générateur de fréquences) ainsi que différentes présentations (exposition photo, performances directes ou projection et diffusion, installations interractives). La matière sonore ainsi mise en oeuvre donne naissance à des formes et images qui offrent d'hypnotiques et étonnantes résonances à notre cosmos intérieur.
En attendant des mets plus roboratifs, et pour faire suite à l'album consacré aux hommes-orchestres, voici un exemple de ce qu'on peut faire avec quelques boîtes de tic-tac.
J'avoue que je n'avais jamais entendu parler de ce groupe avant qu'un fidèle lecteur de ce blog (merci Laurent !) ne me fasse découvrir ce film. Il a été réalisé pour OK Go qui a choisi de passer un partenariat avec Chevrolet pour son nouveau clip. Illustrant le morceau “Needing/Getting”, la vidéo a été tournée dans le désert californien et illustre le groupe en voiture recréant la mélodie tout en conduisant, avec plus de 1000 instruments. Une video qui évoque (en plus sophistiqué) le procédé mis en place par Matt Ross pour son "Mozart à roulettes", à revoir ici.
Souvenez-vous, c'était l'année dernière à peu près à la même époque, je vous parlais de Nicolas Bras musicien dont je venais de découvrir les bien nommés "instruments de nulle part". Depuis cette date, Nicolas a étoffé sa panoplie de luthier sauvage et de nouvelles créations sont venues s'ajouter à un instrumentarium composé à l'origine d'une douzaine d'instruments. Flûte de Panche, Clavicapsule, Plurididj, Violon à clous, Chromojara PVC : ces ovnis sonores sont conçus à partir d'objets détournés ou d'éléments de récupération : boîte de conserve, tuyau PVC, Si vous voulez les voir et les entendre, rendez-vous sans tarder à la Médiathèque Jean Cocteau à Massy dans l'Essone car l'exposition se termine le 18 février.
"J'ai commencé à m'intéresser à la lutherie expérimentale en fabriquant mon premier instrument, un didjeridoo en PVC... Je tente d'apprivoiser ces instruments plus ou moins dociles et de leur trouver une place dans mon environnement musical, sans pour autant délaisser les instruments traditionnels."
On connaissait la Dream Machine inventée en 1958 par le scientifique Ian Sommerville à partir d'une expérience de l'artiste et poète beat Brion Gysin. Un cylindre de carton présentant des fentes sur les côtés est posé sur le plateau d'un phonographe tournant en 45 ou 78 tours par minute. Une ampoule est suspendue à l'intérieur du cylindre. L'utilisateur placé devant la machine la regarde les yeux fermés. Les flashs lumineux répétés, dont la fréquence correspond à celles des ondes alpha du cerveau en relaxation, le mettent dans un état de conscience modifié. Pour ceux que l'expérience intéresse, on trouve sur le net des plans pour construire soi-même une dream machine.
Avec la Chambre expérimentale des rêves, l'aventure onirique se poursuit dans la dimension sonore. Le dispositif imaginé et construit par Lionel Stocard, dont j'avais furtivement présenté le travail ici, place l'apprenti rêveur au centre d'un dispositif d'immersion corporelle et auditive. A l'occasion d'une rencontre en Arles, j'ai pu découvrir et expérimenter la machine à rêves. A l'exception des deux premières photos, les images qui illustrent ce post ont été prises par Jessica Hervo. Plus de photos dans l'album "Lionel Stocard" à découvrir ici-même.
Ce "laboratoire artistique évolutif" est composé d'un instrument inventé, le Rêvibracléide, et d'un fauteuil en équilibre instable sur lequel vient s'allonger l'apprenti rêveur. Ce dernier, bercé tout à la fois par le balancement du fauteuil et par les sons utérins du rêvibracléide, ne tarde pas à plonger dans une transe légère propice à l'imaginaire et aux rêves.
Description du Rêvibracléide par Lionel Stocard :
Il s'agit d'un instrument électrique composé de plusieurs claviers. Le clavier central est constitué d'une corde basse qui vibre sous l'action d'une vielle électrique. On joue ensuite avec les harmoniques que l'on peut varier à l'aide d'un sillet mobile fixé sur une vis sans fin. Ce système permet de faire chanter la note donnant parfois l'apparence d'une voix humaine. Deux autres claviers sont munis de cordes de guitare, c'est le mode de jeu qui va enrichir les sonorités. On joue avec différents outils comme l'archet, des baguettes en inox ou en bois pouvant servir de percuteur. Un quatrième clavier est monté d'une corde basse qui peut être frappée par un marteau mécanique, un pendule micro permet de donner un rythme à la composition. Le dernier clavier est un dispositif composé de plumes permettant d'émettre des sons tout en conservant les deux mains disponibles. C'est en soufflant sur ces plumes contact que l'on restitue à des hauteurs de notes différentes des extraits sonores samplés en direct. A tout cet ensemble sont ajoutés un micro chant et quelques éléments de percussion comme sanza, baguette de bois cannelée, lame de laiton.
Pour fêter Noël en beauté, rien de tel qu'une petite musique jouée sur un instrument inventé. Ici, il s'agit d'un morceau intitulé "Still Life" composé et interprété par Yuichi Onoue sur un homemade instrument de sa fabrication, le Kaisatsuko. Je vous en parlerai plus longuement d'ici la fin de cette année à moins que je ne garde ça pour le début de la prochaine...