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  • Ersatzinette

     

    Will Menter

    Festival de l'Ephémère 25 septembre 2010

    Will Menter m'a envoyé ce message. Vu son intérêt et avec son accord, je le relaie ici-même. Merci de bien vouloir respecter les droits de coyright pour l'utilisation de la musique.

    Will Menter, ersatzinette

    Ersatzinette

    J'ai ce bout de tuyau polypropylène depuis 1983, donc il a presque 30 ans. Il n'est pas si vieux que mon saxophone mais il est plus vieux que tous les vêtements que je porte. A l'époque je jouais plusieurs tuyaux simples sans trous, mais dans celui-ci j'en ai perçé six et je les ai arrondis avec un chalumeau, pour qu'il puisse jouer sept tonalités simples. Je le joue avec un bec de saxophone de la marque anglaise Lawton.

    Chaque fois que je le joue il continue à me suggérer des différentes musiques, et, comme un vieil ami, il me fait rappeler qui je suis et m'assure de ma relation avec le monde.

    Cette fois j'ai créé un morceau qui le réunit avec des instruments de percussion improvisés que j'ai fabriqués comme partie de ma recherche de flûtes éoliennes. 8 cylindres céramique detailles différentes chacun avec un trou. Avant de les monter dans les arbres pour tester leurs sons j'ai remarqué que j'ai bien apprécié les sons de manutention et percussion. Alors j'ai commencé à les enregistrer d'une manière non prévue, et les rythmes aléatoires que j'ai fait m'ont bien plu. C'était comme la pluie et les bourrasques.

    Donc, ce morceau s'est créé à partir de ces deux instruments et de mes explorations pendant quelques jours.

    Cette après-midi j'ai décidé que j'avais envie de partager ce moceau avec quelques gens de ma connaissance. J'ai hésité un peu car la durée est 12 minutes et ça me semblait peut-être audacieux de demander autant de temps et d'attention. Mais bien sûr que "demander" soit le mot important et sans doute un musicien engagé est surtout obligé d'inviter les gens à écouter sa musique.
    podcast


  • La musique en carton

    Max Vandervorst, pataphonie, lutherie sauvage

    Après "Lutherie sauvage" en 1997 et "Nouvelles lutheries sauvages" en 2006, après avoir longuement exploré les propriétés musicales ignorées du plastique, Max Vandervorst, le roi de la Pataphonie, est de retour avec "Instruments de musique en papier et carton" aux Editions Alternatives. La lutherie sauvage est un terme inventé par Max Vandervorst pour caractériser un genre de la lutherie, qui consiste à construire des instruments avec les moyens du bord, le plus souvent à partir d'obets du quotidien ou de récupération. Généralement en musique, le papier sert à inscrire les portées et les notes, et l'usage du carton se limite aux cartons perforés pour orgues de barbarie et instruments de musique mécanique.

    Max Vandervorst, lutherie sauvage

    Porte-voix

    Dans ce petit livre, Max Vandervorst va plus loin puisqu'il nous propose de fabriquer avec du papier et du carton de véritables instruments de musique.  Après une introduction rapellant la démarche de la lutherie sauvage et la présentation des différents types de carton , on rentre dans le vif du sujet avec les fiches techniques détaillées d'un grand nombre d'objets sonores allant de simples bruiteurs à des instruments plus élaborés.

    Max Vandervorst, lutherie sauvage

    Kazoo

     

    Parmi toutes ces petites merveilles, impossibles à citer en intégralité ici, voici un instrument choisi au hasard, à moins que ce ne soit grâce ou à cause de cette superbe photo.

    Max Vandervorst, lutherie sauvage, pataphonie

    Contrebasse

    Comme toujours dans ce genre d'ouvrages, on est un peu frustré de ne pas pouvoir entendre le son des instruments. On se dit qu'un petit cd d'accompagnement eut été le bienvenu. Seule solution, récupérer papier, carton, ciseaux et autres outils de bricolage et devenir à son tour luthier sauvage. Un moyen raffiné et peu couteux pour "interpréter une oeuvre classique, accompagner une chanson, ou égayer la vie d'une classe ou d'un bureau". Vous l'aurez compris, ce livre pionnier va très vite devenir indispensable aux musiciens, professeurs de musique, animateurs d'ateliers, luthiers en herbe, chercheurs de sons ou simples curieux.

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  • Gaston et la musique

    Gaston Lagaffe, gaffophone, André Franquin, bande dessinée

    Gaston Lagaffe est de retour ! Et même si les planches rassemblées dans ce nouvel album, "Lagaffe en musique", édité par Marsu Productions,  ne sont pas inédites, c'est toujours un plaisir de retrouver le roi des gaffeurs dans ses oeuvres, surtout si comme ici elles sont inventives et  musicales.

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    Le gaffophone est bien sûr à l'honneur mais on rencontre aussi des inventions moins connues (sauf des complétistes qui possèdent déjà l'intégrale des albums) comme le moteur à pistons et la porte à tambour.

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    Antoine de Caunes s'est fendu d'une préface dans laquelle il explique que pour lui  " Le gaffophone, c’est le rock tel qu’il fut perçu quand il débarqua en France : comme un vent de panique... " et il ajoute "« Et Gaston, (…) c’est le pape du rock ». Pour moi, il serait plutôt le grand frère de la lutherie sauvage et de  la musique expérimentale. Les planches sont classées par ordre chronologique et ont été recolorisées par Frédéric Jannin. Une citation en relation avec la musique est placée en exergue. En cadeau, sur le site de l'éditeur, on peut entendre deux chansons inédites en relation avec Gaston Lagaffe, interprétées par Yvan Delporte : "La morue aux fraises" et "Les Papous".

    A l’occasion de la sortie de l'album "Lagaffe en musique", les lecteurs un peu musiciens peuvent envoyer leur version d’une des chansons (ou les deux) de Yvan Delporte (rédateur en chef de Spirou de 1956 à 1968), et les meilleurs reprises gagneront des ouvrages collector Gaston 1971 VO ainsi que de nombreux lots Pixi. Pour ce faire, envoyez vos MP3 à l'adresse concours@gastonlagaffe.com. Les gagnants seront avertis par email le 30 septembre 2012.

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  • L'atelier de Lionel Stocard

    Lionel Stocard, installation sonore

    Si vous habitez Lyon ou si vous passez par là, n'oubliez pas d'aller visiter l'atelier de Lionel Stocard, (dont j'ai déjà eu l'occasion de parler ici-même). Du 10 septembre au 10 octobre, l'artiste ouvre les portes de son antre. Une occasion unique de découvrir ou de redécouvrir des objets sonores le plus souvent inspirés par le rêve.

    revibracleide.jpg

    Révibracléide

    La vie d'artiste, c'est génial.
    Je vous invite à venir découvrir mes dernières créations (des téléphones importables, une installation sonore, des peintures et des mobiles mécaniques) ainsi que mon atelier où les odeurs de bois usinés se mélangent aux odeurs d'huiles et de térébenthine. Une exposition et un lieu de travail vous sont ouverts personnellement, je vous accueillerai sur rendez-vous. Et c'est vous qui m'inviterez à déguster le  verre de l'amitié... la vraie vie d'artiste !

    Plus d'infos sur le blog de Lionel Stocard.




  • Angklung & Cie

    angklung, Robert Hébrard, orgue à angklung

    Joueurs d’angklung
    Dessin d'Emile Bayard paru dans L'Illustration en 1889.

    C'est un petit instrument plutôt discret, aux possibilités mélodiques réduites mais pourtant particulièrement fascinant. D'après Wikipedia, l'angklung, angklung kocok ou angkalung est à la fois un instrument de musique en bambou et un ensemble de musiciens l'utilisant. Il s'agit d'un hochet complexe d'Indonésie populaire dans toute l'Asie du Sud-Est. Il se compose de deux ou trois sections de bambou servant de résonateurs, attachés et maintenus par un ensemble d'autres petites sections de bambou, plus fines, elles-mêmes reliées à un cadre, faisant office de portique. Il en existe toute une série allant de vingt centimètres à plus d'un mètre. On obtient de la musique de l'angklung en le secouant, faisant ainsi claquer les résonateurs de bambou sur les montants. Chaque instrument produit ainsi deux ou trois notes. Il est souvent disposé en série croissante si bien qu'au lieu d'avoir un ou deux instruments par musicien, ce dernier pourra en manipuler plusieurs dizaines. Généralement, trois personnes ou plus ont un angklung dans leurs mains, qui produisent des sons sur différents tons. De cette façon, il est possible de jouer une mélodie pentatonique complète.

    angklung, Robert Hébrard, orgue à angklung

    L'un des pionniers de la lutherie expérimentale en France, le musicien et musicologue  Robert Hébrard, s'est intéressé aux possibilités musicales de l'angklung. Après plusieurs séjours d'études musicales à Bali, Robert Hébrard abandonne l'enseignement de la philosophie pour se consacrer uniquement à la musique : facture instrumentale, enseignement, composition, concerts. Au croisement des traditions d'Afrique, d'Indonésie et d'Europe, il crée une famille de percussions mélodiques en bois, bambou, pierre, peaux et parfois métal.

    angklung,robert hébrard,orgue à angklung

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    C'est dans ce même esprit qu'a été conçu l'Orgue à angklungs, un instrument original qui permet à un musicien soliste, contrairement à l'angklung originel, de jouer tous les répertoires possibles, sur une gamme chromatique couvrant 3 octaves. L'instrument chante comme un orgue bien qu'il n'ait aucune soufflerie et que le son soit produit par une pluie de petites percussions. Les photos qui suivent ont été prises lors d'une rencontre avec Robert Hébrard dans le Village Musical de Ribambelle à Rennes-le-Château pour la préparation du livre Chercheurs de sons. Le dessin de l'Orgue à angklungs tiré du même ouvrage est de Vincent Brunot.

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  • Cymatique

    Alexander Lauterwasser

    Pour faire suite à la note consacrée à l'artiste Stéphane Dubois, voici quelques images des recherches d'Alexander Lautewasser sur les formes générées par le son.

    Alexander Lauterwasser

    Alexander Lauterwasser

    Chladni, un chercheur de la fin du XVIIIe siècle, a été le premier à soumettre une plaque de verre recouverte de sable à des vibrations, montrant ainsi que les sons peuvent créer des figures. En reprenant ces expériences, j’ai constaté qu’une plaque elliptique soumise à des vibrations sonores données permet de reproduire des figures qu’on trouve sur la carapace d’une tortue. On répand du sable sur une plaque puis on soumet celle-ci à des vibrations de différentes fréquences. Les grains de sable s’agencent différemment selon la hauteur du son, formant de nouvelles figures. J’ai pu ainsi constater par moi-même que les oscillations et les sons peuvent effectivement donner naissance à des figures et donc que les vibrations et les rythmes jouent peut-être un rôle essentiel dans le développement des formes qu’on rencontre dans la nature. Comme le sable, l’eau prend aussi des formes extraordinaires lorsqu’elle est soumise à des vibrations. Rien qu’avec une goutte d’eau, on voit déjà très bien que les vibrations entraînent différentes déformations de l’eau. On dépose une goutte d’eau dans la coupe, puis on la soumet à des vibrations à l’aide d’un générateur de fréquences et d’un transducteur acoustique. Immédiatement, on constate que des déformations magnifiques se produisent au sein de la goutte d’eau dans un mouvement rythmique très oscillant. Le phénomène de déformation d’une goutte d’eau par des sons est également fascinant. Une vibration verticale, même de très faible intensité, provoque une déformation polaire de type élévation- dépression au centre de la goutte. Mais sa forme générale reste parfaitement ronde grâce aux tensions de surface. On voit bien la montée et la descente. Une petite bulle d’air s’est même formée. Cela indique que l’intérieur de la goutte est soumis à d’autres mouvements, totalement différents de ceux qui s’exercent à la surface.
    Il est intéressant de noter qu’en modifiant la fréquence, on modifie les figures géométriques qui se forment au gré des oscillations de la goutte.Les figures qui apparaissent à la surface sont caractérisées par le chiffre 4. Si l’on soumet l’eau à différentes hauteurs de sons, on constate que chaque hauteur engendre des figures géométriques totalement différentes. On voit ici des déformations caractérisées par le chiffre 5. Il y a toujours deux phases : dans la première, la pointe monte, dans la deuxième, elle descend. Mais l’ensemble suit toujours une figure en cinq temps. On peut générer des figures à différents temps selon la hauteur et la fréquence. Si l’on observe le même phénomène non plus d’en haut, mais de côté, on constate que les montées et les descentes de l’enveloppe correspondent aux différentes formes que prend la goutte d’eau. On voit bien que l’élévation centrale se forme aux oscillations descendantes paires et les élévations latérales aux oscillations impaires. Ce n’est pas un agencement synchronisé mais une alternance rythmique. Les vibrations mécaniques et les déformations ne sont pas synchronisées.
    Voici une déformation très spectaculaire. La goutte commence par osciller de manière irrégulière puis prend soudain une forme hexagonale magnifique. Une règle fondamentale : plus le son est haut, plus les figures qu’il engendre sont complexes et différenciées.Cette déformation est unique. Jusqu’à présent, je n’ai encore jamais pu la reproduire. La goutte a d’abord vibré de manière irrégulière. Je pensais que ça ne donnerait rien d’intéressant puis quelque chose d’exceptionnel s’est produit. La goutte s’est allongée et a pris une forme qui rappelle beaucoup la structure des invertébrés. D’autres tableaux d’une beauté toute contemplative se forment lorsqu’on soumet une coupelle entièrement remplie d’eau à des vibrations sonores. Une caméra placée au-dessus de la coupelle a permis d’enregistrer les images suivantes.

    Alexander Lauterwasser

    Alexander Lauterwasser

    On le voit encore ici : la figure se forme très lentement par pulsation. On distingue différents segments de spirale et l’ensemble suit un mouvement complexe. On voit ici à quel point il est difficile d’obtenir une figure symétrique parfaitement ronde. On est toujours obligé de moduler l’intensité et la fréquence, en fonction de la quantité d’eau, avant d’obtenir une figure aux oscillations régulières. On peut reproduire ce phénomène à l’aide des sons émis par un générateur sinusoïdal, mais aussi avec de la musique. Ces images-là sont les plus fascinantes et les plus vivantes parce que les figures changent à chaque seconde. Après avoir constaté que la magnifique carapace de cet animal présente de nombreuses similitudes avec les figures classiques de Chladni, on peut se demander si le monde lui-même, ses formes et ses figures n’ont pas été créées par des vibrations et des oscillations sonores, comme de nombreux mythes d’un peu partout le racontent. "La morphogenèse et les vibrations sonores ”, voire “ la musique ” ferait un sujet de recherches passionnant.

    Alexander Lauterwasser