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  • Gare au gaffophone !

     
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    Attention, gare aux oreilles ! Le spécialiste des gaffes en tous genres est de retour, armé de son engin sonore à haut risque, le Gaffophone. Il fallait bien qu'un jour je me décide à consacrer un post au plus célèbre instrument de la bande dessinée. C'est André Franquin, créateur de l'immortel Gaston Lagaffe, qui a imaginé et dessiné cet instrument détonnant. Après avoir successivement joué de la guitare électrique modifiée, du trombone à coulisse, de la guitare sèche, du bombardon, mais aussi façonné une multitude d'inventions toutes plus farfelues les unes que les autres, Gaston joue du gaffophone pour la première fois le 9 mars 1967 dans la planche 449 du n°1508 de Spirou. A cette occasion, Fantasio propose de le baptiser Brontosaurophone, en raison de son aspect préhistorique mais c'est finalement le terme de gaffophone qui sera conservé par Gaston, plus conforme aux caractéristiques comportementales récurrentes de son personnage. Pour créer l'instrument, Franquin s'est inspiré d'une harpe africaine qui était exposée au Musée Royal de l'Afrique centrale de Tervuren. Mais, comme Gaston  l'explique à Spirou  : "Je me suis inspiré d'un instrument africain, mais j'ai perfectionné... le principe est simple : une vibration du tonnerre avec une résonance maximum...". C'est la partie rédactionnelle des aventures de Gaston et les illustrations dans le Journal de Spirou qui ont mis progressivement l'instrument sur le devant de la scène, en particulier dans les n°s 1528, 1529, 1530, 1531 et 1600, ainsi que pour quelques mémorables illustrations de couverture. Dans le catalogue accompagnant une récente exposition consacrée au monde d'André Franquin à la Cité des Sciences, voici comment est expliquée la gêne engendrée par l'audition de l'instrument : " Les cordes de son gaffophone vibrent intensément et sa caisse de résonance est particulièrement efficace. Mais la caisse de résonance n’amplifie pas toutes les harmoniques de la même façon : elle participe au façonnage du son final, résultant de la superposition des harmoniques sélectionnées. Une caisse de résonance qui n’amplifie que des harmoniques peu mélodieuses donne à l’instrument un son désagréable à entendre. C’est peut-être là que réside l’origine du son désagréable du gaffophone. Encore une gaffe de son inventeur !". Signalons au passage que pour Gaston Lagaffe, ce n'est pas la seule occasion de faire de la musique puisque, outre les instruments  cités ci-dessus, il joue aussi de la guitare de camping, du violon paralysant, de l'appeau à taupes, et fait également partie de plusieurs ensembles instrumentaux, dont les Moon Module Mecs, les Gnap Gnap Gnap et Les Rois des Sons.

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    Devant le succès rencontré auprès des lecteurs, un concours , "Fabriquez un gaffophone", est même organisé et annoncé le 29 février 1968 dans le n°1559 de Spirou. Le jury éclectique compte parmi ses membres Jacques Dutronc, Sheila, Pierre Tchernia, Jean-Pierre Beltoise et Frank Pourcel. A cette occasion de nombreux instruments seront présentés, dont il ne subsiste aujourd'hui dans le meilleur des cas que quelques photographies ou même, pour l'un d'entre eux, un petit film amateur mis récemment en ligne par le neveu d'un des participants, Luc Lebrun. Les noms des gagnants du concours furent donnés dans le n° 1560 : 1er prix : Jacques Simon (Nanterre), 2ème prix : Hermo dal Corso (Marseille), 3ème prix : Yves et Luc Lebrun (Neuilly). Il semblerait qu'il existe également un enregistrement sonore dudit instrument. A quand un hommage au gaffophone par certains musiciens et inventeurs actuels ? En attendant, on peut continuer à se régaler les mirettes et les zygomatiques en dégustant les nombreuses planches dédiées à l'instrument. Et devant l'abondance des illustrations glanées sur le net et ailleurs, j'ai décidé d'ajouter un nouvel album à découvrir dès aujourd'hui.

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  • Erno Kiraly

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    Les oeuvres écrites par le compositeur et ethnomusicologue yougoslave Erno Kiraly ne devraient pas décevoir les lecteurs de ce blog. Entre composition savante et improvisation, écriture et expérimentation, elles sont très souvent jouées sur des instruments inventés par Kiraly lui-même. En 1974, il crée le le citraphone, un instrument constitué d'une  grande caisse de résonance sur laquelle sont fixées cinq cithares de taille et d’accords différents. Les cithares sont construites de façon que les frets se trouvent placés à un quart de ton les uns des autres sur la touche. L'étendue totale de l’instrument est de cinq octaves. Pour renforcer l'amplitude sonore,  16 capteurs ont été ajoutés, permettant l'intégration de l'instrument dans un orchestre de chambre.

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    Puis en 1976, il invente le tablophone, dont voici la description sommaire : une plaque en tôle, légèrement recourbée, de 1 mm d’épaisseur, de dimension de 70 cm x 50 cm, sur sa face gauche il a été fixé différents objets susceptibles de produire des sons tempérés ou non tempérés, sur la face droite une feuille de papier sur laquelle sera tracé le dessin ou l’écriture. Il plusieurs façons de jouer de cet instrument : taper, frotter, pincer, faire vibrer etc.

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    "Le but de cette invention est de rendre non seulement visibles mais aussi audibles les lignes du dessin ou de l’écriture, autrement dit le dessinateur-musicien utilise les deux médias au moment de la création." (Erno Kiraly).
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    On retrouve ces instruments plus quelques autres, dont le zitherphone, sur "Spectrum", un enregistrement édité par Autobus, le label de Dragibus, distribué en France par Métamkine. Chez Orkhestra, un autre enregistrement intéressant à découvrir, "Phoenix", qui rassemble plusieurs oeuvres composées entre 1960 et 1990.

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