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  • Orchestre de légumes

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    L'autre facette de la musique végétale concerne les instruments fabriqués directement à partir de végétaux, dont j'ai déjà eu l'occasion de parler à plusieurs reprises ici-même. A côté des troubadours de la musique de légumes que sont Pascal Gayaud et Eric van Osselaer existe aussi un véritable orchestre végétal, le Vienna Vegetable Orchestra, qui vient de publier son deuxième cd, Automate.

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  • Musique végétale

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    Dans les années 70, on rencontrait quelquefois chez les disquaires des enregistrements étranges aux titres évocateurs : De la musique pour enchanter vos plantes, Music for Grow Plants, Mother's Earth's Plantasia... ou plus près de nous l'album concept de musique électronique édité par F Communication, Musique pour les plantes vertes.
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    Des études, sérieuses ou mystificatrices, semblaient prouver que certaines plantes étaient sensibles à la musique et que leur croissance se trouvait modifiée par la qualité des musiques diffusées. Ainsi, les plantes qui avaient "écouté" du Mozart poussaient mieux et plus vite que d'autres à qui on avait fait entendre du rock. Certains musiciens actuels ont repris à leur compte cette théorie. Ainsi l'artiste new-yorkais Peter Coffin a présenté en 2007 à Paris au Palais de Tokyo Musique pour plantes vertes. Dans cette installation, des instruments sont laissés à disposition du public et de musiciens dans une serre remplie de plantes vertes.

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    Le physicien Joël Sternheimer, qui, dans les années soixante, connût son heure de gloire comme chanteur sous le pseudo d' Evariste, a développé une théorie  interessante à ce sujet : Lorsque les plantes "écoutent" la mélodie appropriée, les ondes acoustiques sont transformées "microphoniquement" en ondes électromagnétiques elles-mêmes sources "d'ondes d'échelle", et elles se mettent à produire la protéine spécifique à cette mélodie. D'où la création du mot-valise "protéodie" que l'on pourrait traduire par "musique des protéines". A l'inverse, depuis quelques années, grâce à l'arrivée des technologies informatiques, des recherches ont été menées pour  traduire en sons la structure interne des plantes et donner à entendre la "musique des plantes". Ainsi le duo Scénoscome a créé Akousmaflore,  installation intégrant des végétaux sonores et interactifs, qui sera présentée au Théâtre de l'Agora d'Evry du 6 au 22 novembre 2008. Plus d'infos sur la musique et les plantes ici et .

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  • Concert de baisers

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    Un compositeur français, Nicolas Frize, s'est lui aussi intéressé à la musique des corps ou body music. Il a écrit plusieurs oeuvres pour  instrumentariums vivants, tels Concert de baisers pour 300 instrumentistes du baiser, donné en 1983 dans la Cour du Palais Royal à Paris lors de la Fête de la musique, ou Le chant de la chair pour deux percussionnistes et cent interprètes, créé en 1995 à l'auditorium des Halles à Paris. Cette dernière pièce poursuit  les investigations sur les sources musicales et la recherche sur les objets sonores. Elle est dédiée aux sons de la peau : frappes de doigts, de paumes, de poings, de mains, frottements et frôlements, l'ensemble du corps est mobilisé, des régions les plus osseuses aux plus profondes.

    Ne cherchez pas chez votre disquaire (une espèce en voie de disparition !) un enregistrement de Nicolas Frize, vous n'en trouverez pas ! A l'obsession de la trace qui caractérise l'expression actuelle du monde contemporain,  ce compositeur  privilégie la création vivante.

    Est-ce que la captation du présent, des signes, des faits, des objets, des idées..., la constitution de traces, leur conservation, documentation, organisation, valorisation, numérisation, consultation, est le seul acte de mémoire, de visibilité et de fixation historique !? Nous sommes aujourd'hui devant un grand enjeu social d'une construction différée ou médiatisée de notre culture générale ! Cette machinerie actuelle de l'objectivation et de l'objectification, cette passion narcissique pour l'auto anthropologie contemporaine mise en boîtes, ne passe t-elle pas à côté d'une dynamique de mémoire, immatérielle celle-là, et dont la responsabiblité en incomberait aux oeuvres, aux luttes, aux expériences et aux grandes actions collectives ? Serions-nous à ce point emportés dans le temps présent et fuyant, la digestion fulgurante et superficielle des vécus, serions-nous à ce point inopérans en matière de créations et de pratiques collectives, sociales, urbaines, esthétiques, idéologiques..., pour ne plus confier qu'aux archivistes et aux éditeurs nos capacités de construire de la permanence, de la rémanence et de la transmission historique ?  Nicolas Frize

    Concernant la création d'instruments, Nicolas Frize a entamé dans la Manufacture de Sèvres une première phase de conception et de construction d'un instrumentarium entièrement réalisé en porcelaine. Installé dans un pavillon de la Manufacture et travaillant en synergie étroite avec les personnels, le compositeur élabore des claviers, des chimes, des cloches, des instruments inattendus à cordes, à vent et surtout à percussions...en porcelaine ! Dans une seconde phase, il dédiera une oeuvre musicale à tous ces instruments et ces sonorités nouvellement créés, partition qui sera donnée en première mondiale dans la Manufacture en octobre 2008, par un ensemble de percussionnistes rassemblés pour l'occasion.

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     Un portrait de Nicolas Frize à lire ici

  • Appel aux artistes sonores rhonalpins

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    Après Sonoris Causa, je relaie à mon tour l'appel à participation lançé aux artistes sonores rhonalpins  par le blog Des arts sonnants.

    Constat
    Plus je défriche, ou tente de défricher, le paysage et les territoires des arts sonores, plus je suis étonné et séduit par sa complexité, sa richesse, son foisonnement créatif.

    Mais paralèllement, plus je rencontre des artistes, des opérateurs culturels, des élus à la culture, des publics, plus je mesure la difficulté de faire connaître ce secteur des arts sonores, qui pourtant semblerait avoir aujourd'hui le vent en poupe.
    La grande multiplicité des pratiques, des techniques, l'absence de réseaux structurés, de lieux de diffusion spécifiques, le manque de terrains de monstration dédiés, d'outils critiques et de repères historiques... beaucoups de ces constats contribuent finalement à une relative méconnaissance des arts sonores.

    Mobilisation

    Installateurs de tous crin, acousmates, bricophonistes, sculpteurs sonores, performeurs, plasticiens, spécialistes des réseaux, de la création sonore numérique, du net-art, de l'installations environnementale, programmateurs, commissaires et autres défendeurs des arts sonores, il est donc temps de nous rencontrer pour asseoir notre visibilité, tant auprès des institutions que du public.

    Questions de terrain
    Régulièrement, notamment sur des festivals, j'entends des questions récurentes qui, à défaut de trouver des solutions dans l'immédiat, posent un cadre de réflexion sur des pratiques en pleine évolution, pour ne pas dire en pleine ébulition.

    - Comment développer des réseaux où les arts sonores seront reconnus dans leurs spécificités, en tenant des courants transdisciplinaires qui les alimentent et souvent les motivent ?
    - Où se produire, créer, faire de la médiation, démarcher ?
    - Quel(s) marché(s) pour quels arts sonores ?
    - Comment construire un état des lieux, des ressources, comme celles qui ont été mises en place par les secteurs de la musique, des arts plastiques ?
    - Faut-il constituer des collections, un fond d'oeuvres sonores emblématiques, pourquoi comment et sur quels critères ?

    Voici, de façon non exhaustive, une première série de questions que j'ai pu relever,  de la part des artistes, collectifs, mais aussi des opérateurs culturels.


    Réponses et outils ?
    Trouver des réponses, ou tout au moins construire des axes de réflexion qui tendraient à développer des outils de médiation, me semble passer dans un premier temps par la rencontre d'acteurs de terrain.
    Ces outils auraient pour principale fonction de contribuer à une reconnaissance des arts sonores, de façon à les présenter comme des pratiques spécifiques en regard des arts plastiques, numériques, musicaux, dans des segments culturels particuliers et avec des  marchés  propres.


    Premier constat
    La Région Rhône-alpes est un vivier intéressant pour les arts sonores, de par la quantité d'artistes, et la diversité des pratiques que l'on y rencontre.

    Des moyens et des stratégies
    Cette région pourrait servir de ballon d'essai pour entamer des rencontres, des travaux de réflexion, afin d'étendre cette démarche à tout le territoire français,  d'échanger dans la continuité avec nos voisins européens mais également avec de nombreux pays du Monde.

    Des moyens et des stratégies
    Il convient pour ce faire de trouver des relais, des soutiens, au sein des institutions culturelles publiques et privées, des collectivités territoriales, des chercheurs, pour amorcer ces démarches, et réfléchir aux formes possibles des moyens d'action (
    état des lieux, ressources, colloque, symposium, journées de médiation, de présentation, d'action... ou toutes autres formes restant à inventer).

    Participation collective
    Et ici, il faudrait que nous, artistes, chercheurs et opérateurs culturels, entamions un débat en interne pour à la fois recueillir des avis sur le bien fondé (ou non) de cette démarche, sur les moyens que chacun envisagerait, mais peut-être tout simplement sur le fait de se faire connaître, de présenter nos pratiques, nos propres territoires sonores...

    L'appel à contribution est donc lancé, via le canal de ce modeste blog qui, bon an mal an, tente de cerner et de défendre les arts sonores danns toute leur diversité.

    Merci par avance d'avoir consacré quelques minutes à la lecture de cet article, et mieux encore d'amener de l'eau au moulin par votre participation.


    A vos plumes électroniques...



  • Le retour des machinos

    La rentrée ce n'est pas toujours une partie de plaisir, mais lorsque les chercheurs de sons entrent dans la danse alors ça devient carrément intéressant. Jugez plutôt. A Besançon, c'est Denis Tricot  et Eric Cordier qui viennent, en compagnie de danseurs, d'un altiste et d'une chanteuse, présenter leur Orgue de bois dans le cadre du Festival Musiques de rue du 2 au 5 octobre.

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    A Lille, le CFMI (Centre de Formation des Musiciens Intervenants) organise du 19 septembre au 7 novembre 2008, une série d’événements autour des flûtes. Par le passé, le CFMI avait déjà organisé plusieurs stages autour de la construction d'instruments, en particulier "Autour des trompes, trompettes et autres cornes", et également "Autour des violons de fortune" avec Jean-François Vrod et Dominique Gauvrit en avril 2006.
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     Une vidéo, "Lutheries sauvages pour musiciens civilisés" à voir ici.
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    Frédéric Le Junter quant à lui sera au Théâtre de l'Aquarium, à la Cartoucherie de Vincennes du 3 au 25 octobre pour une exposition de ses machines sonores, un concert solo et une participation en tant que comédien à  l'Echange de Paul Claudel dans une mise en scène de Julie Brochen.