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  • Un Pianocktail pour le réveillon

    Comment fait-on, maintenant ? demanda l'antiquaire.
    Colin se leva et ouvrit le petit panneau mobile en faisant la manoeuvre, et ils prirent les deux verres remplis d'un liquide avec des irisations d'arc-en-ciel. L'antiquaire but le premier en clappant sa langue.
    - C'est exactement le goût du blues, dit-il. De ce blues-là même. C'est fort, votre invention, vous savez.
    - Oui, dit Colin, ça marchait très bien.
    - Vous savez, dit l'antiquaire, je vais sûrement vous en donner un bon prix.
    - J'en serais très content, dit Colin. Tout marche mal pour moi, maintenant.
    - C'est comme ça, dit l'antiquaire. Ca ne peut pas toujours aller bien. [...]
    - Si je jouais Misty Mornin' ? proposa l'antiquaire. Est-ce que c'est bon ?
    - Oui, dit Colin, ça rend formidablement, ça donne un cocktail gris perle et vert menthe, avec un goût de poivre et de fumée
    . C'est Boris Vian dans l'Ecume des jours qui décrit ainsi ce singulier instrument dénommé pianocktail. Et aujourd'hui d'autres rêveurs inspirés par l'objet ont relevé le défi et ont donné corps et sons à cette machine à cocktails d'un nouveau genre. Géraldine Schenkel, entre cirque, théâtre et récital désacralisé, réinvente le piano du grand Boris, et c'est pas triste !d0e4f49c3caab189cfff37da54ddd45c.jpg A voir et à écouter ici (Merci Gilles pour le lien !)

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  • Bouteilles soufflées, jetée éolienne et Toeterix

    Fin d'année oblige, temps manquant et disque dur foutu, ce blog s'allège quelque peu. Aussi, pour terminer (provisoirement)  en beauté et fêter en même temps le 100ème abonné de la niouzelaiteure, voici quelques liens vers divers sons et images réjouissants, bien cachés derrière les lumières pernicieuses du matraquage audiovisuel. Chauds remerciements et bonne année itou à tous ceux qui m'ont communiqué ces précieux liens. Pour commencer le fabuleux Hermeto Pascual 827674de48aa6a9d52b40b08634b49ef.jpgà découvrir ici (merci Jean), suivi d'un récital de musique classique pas comme les autres, d'un petit film (malheureusement trop court) sur une jetée éolienne, tourné en Croatie à Zadar (merci Jean-Marc), et pour terminer un numéro d'avertisseurs de voiture pas comme les autres avec  le néerlandais Toby Rix et son Toeterix, invité ici du Willem Breuker Kollektief,  à voir . Bonne année à tous !

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  • Bouts de bois


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    Quelle est l'apparence du son ? Autour de cette intrigante question, le sound artist  Will Menter, musicien et plasticien anglais installé en France, présente avec Bits of Wood une sorte de bilan provisoire de son travail. Ce superbe livre de plus d'une centaine de pages, abondamment illustré de très belles photographies couleur, apporte une réponse visuelle, réflexive et sonore à cette interrogation. On y découvre de nombreuses sculptures et installations sonores saisies in situ dans les lieux mêmes de leur création, - carrière, forêt, parc ou entrepôt. Malgré leur apparente diversité, ces oeuvres expriment toutes une vision particulière  des univers croisés du bois et du son. Peu de textes,  la plus grande partie du livre étant occupée par l'illustration, juste une série de réflexions de Menter sur son cheminement avec le bois depuis le début des années 80 jusqu'à aujourd'hui."Cette année, en 2005, j'ai utilisé plus de bois que la plupart des autres années et cela m'a donné l'idée de faire un livre qui explore juste mes oeuvres en bois et mon approche du bois. Le moment décisif s'est produit alors que je montrais mon installation "Woodjive" à des enfants à Leucate, près de Perpignan. Vers la fin de la séance, que j'avais axée sur écouter et regarder, j'ai demandé aux enfants ce que la sculpture évoquait pour eux. " C'est comme quand mon père fend du bois" a répondu l'un d'entre eux. "Oui", ai-je dit. "OUI" !" Le cd accompagnant le livre offre la parfaite illustration sonore des images présentées dans la première partie. Une suite de huit compositions ou improvisations   interprétées par Will Menter ou par quelques amis musiciens dont Pierre Corbi et Alex Moffat.

    Livre en vente (25 euros) sur le site de Will Menter.  Lire un extrait du livre ici

    Un titre à écouter :
    "Stirring's the Chairman Communiqué"

  • Sobre la playa

    Après  les jazzmen (Steve Turre, Sébastien Llado) et la new age (The Wizard of Weed), les coquillages ont aussi séduit certains compositeurs de musique contemporaine. L'un des plus célèbres, l'américain John Cage, a notamment composé "Inlets", une pièce pour trois conques remplies d'eau, un joueur de conque utilisant la circulation du souffle, et des sons de feu pré-enregistrés. Le percussionniste Lê Quan Ninh, membre du Quatuor Hélios, raconte : " Nous travaillons uniquement dans le domaine des musiques écrites. On a commencé - et on continue - à travailler les pièces de John Cage. On a monté ensemble des pièces de la fin des années 30 - début des années 40 : les pièces les plus connues comme les "Constructions", et depuis quatre ou cinq ans, on travaille des pièces plus récentes écrites quelques années avant sa mort. Sur ces dernières, l’écriture est extrêmement ouvertes : sur la partition, il n’y a plus que des signes qui indiquent des modes de jeu ou des types d’actions ou encore des performances au sens strict comme dans "Inlets" où l’on souffle dans des conques remplies d’eau en faisant varier les sons en les bougeant et où l’on fait brûler des pommes de pin..."

    En Inde en 1965, le compositeur Nazir Ali Jairazbhoy (voir photo ci-contre) qui compose une oeuvre d' "ethno musique concrète" intitulée "Conch Shell Suite", inspirée par le jeu double virtuose aux conques marines d'Antarjyami Muni. La pièce intègre des field recordings enregistrés en 1964 à Orissa aux improvisations de Jairazbhoy sur un sitar accordé (de manière non conventionnelle) aux sons des conques. On peut commander le CD ici. Deux extraits à écouter : "Conch in Hundu Ritual" et "Individual Conches".

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  • Pianosaurus

    J'interromps momentanément  ma chronique gastéropode pour revenir aux instruments jouets car, horreur !, je me suis aperçu que j'avais oublié de parler d'un des groupes précurseurs en la matière, j'ai nommé le le trio rock ricain Pianosaurus. Fondé en 1982, le groupe fût le premier à utiliser exclusivement des toy instruments sur "Groovy Neighborhood" (1987), leur seul et unique album studio produit par Peter Holsapple (The dB's) pour le label Rounder Records. Composé de Alex Garvin, Bianco "Flystrip" Miller et Steve Dansiger, Pianosaurus balance une musique pop à base de covers de Chuck Berry, John Lee Hooker interprétée sur piano miniature, trompette en plastique et autres jouets d'enfants. Parmi les perles dénichées sur l'album, une super reprise de "The Letter", chanson écrite par Wayne Carson Thompson du groupe The Box Tops. Ce n'est malheureusement pas ce titre que je vous propose mais en bonus deux autres chansons, "Memphis" et "Sun Will Follow".

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  • On the Beach

    C'est vrai que ce n'est pas vraiment la saison pour évoquer la douceur estivale et poursuivre notre périple au pays des mollusques sonnants, mais enfin, qu'importe la saison pourvu qu'on ait la liesse ! (merci à Gianni Palombani pour cette rime riche !) Je ne pouvais pas interrompre aussi abruptement ce doux chemin lambiesque sans évoquer une autre figure importante des coquillages enchantés, "The Wizard of Weed" (littéralement "sorcier de la mauvaise herbe"), non pas par référence à la Zifel Plant aux pouvoirs magiques, mais tout simplement par ce qu'il vit aux Etats-Unis, en Californie, et plus exactement à Weed. Derrière ce pseudo new age se cache en réalité Rollin Rose, psychologue clinicien né en 1929. Ce virtuose des Conch Shells a travaillé pendant quarante ans au sein du système pénitentiaire californien et dans divers hôpitaux psychiatriques. Il s'est découvert un talent particulier pour calibrer les conques après qu'un de ses amis sioux, White Bear, l'ait initié à l'art des sourciers dans le désert californien. Il a utilisé cette méthode pour trouver des réponses aux questions qu'il se posait sur la technique à employer pour transformer les conques en instruments de musique. Quelque temps plus tard, il enregistre un cd, "Conch Shell Magic", exclusivement joué sur 23 conques marines censées résonner à l'unisson de nos chakras. Comme aux Etats-Unis le business n'est jamais loin, on peut trouver l'image du "Wizard of Weed" soufflant dans une conque sur les supports les plus divers : tasse, magnet, tee-shirt, sticker, poster et carte postale. Je n'ai malheureusement pas trouvé d'extraits sonores mais on peut commander le cd ici.f1816c34602e5eab347b98c29e344867.gif1ee3165d0c58165657584eeed201236f.jpg1728bef55dec0d3e8e9fb1671002b566.jpg (A suivre ...)

  • Sur la plage

    Les coquillages, c'est beau, c'est bon, mais ça peut aussi servir à faire de la musique. Qui n'a pas un jour de vacances porté à son oreille un gros coquillage pour y écouter le murmure du vent et de la mer. Plusieurs traditions musicales ont su exploiter les possibilités sonores naturelles des carapaces de certains mollusques marins. Au premier rang desquels on trouve le  Strombus Gigas, plus connu dans le monde entier sous une pléiade d'appellations populaires. A la Martinique et à la Guadeloupe, on le surnomme Lambi et dans tous les pays où l'on parle anglais, Queen Conch. Une fois consommé, ce magnifique coquillage peut servir de trompe d'appel. "Au temps de l'esclavage, il permettait de communiquer de colline pour annoncer les grands évènements de la vie, naissance, mariage, mort, mais aussi les révoltes. il annonçait l'arrivée des canots de pêche et donnait le signal de la récolte des ingnames. C'était à la fois la radio, le téléphone et un instrument de musique." La conque marine était aussi utilisée par les bergers pour rassembler les troupeaux. Pour savoir comment fabriquer une conque ou trompette marine, plein d'infos sur cette page rédigée par Mitchell Clark. Ce type d'instrument se retrouve jusqu'au Tibet où l'on peut voir de magnifiques specimens sculptés recouverts d'argent martelé et de pierres précieuses.36e257c93bc5f98bc98fe7ac5c674e1e.jpg63c4049ce9f5de879e75405fd544d72c.jpgb70a405e6bf0c37e668f85047516a444.jpg

    Plus près de nous, le tromboniste de jazz américain Steve Turre a souvent joué des coquillages, notamment sur "Sanctified Shells" (1992) et "Rhythm Within" (1995), deux superbes albums. A voir Steve Turre et le Dizzy Gillespie Big Band ici. En France, Sébastien Llado, lui aussi tromboniste, s'est également pris de passion pour les conques à la suite de sa rencontre avec Steve Turre. Sur son site, il a consacré une page entière à sa collection. On peut entendre un titre, "Conch Shells Demo", sur son site myspace, .fa30bfabb64927d3ffd80eecf2f05064.jpgc8711c7df9c18f879dfe1eff096a274c.jpg286e6f93af835b210a26beaf1ab340d5.jpg (A suivre...)