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  • Les Gribouillis sonores de Pascal Ayerbe

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    Bien que son travail ne relève pas directement de la lutherie expérimentale, imossible de passer sous silence les deux cds de Pascal Ayerbe, "Les Gribouillis"(2003) et "Tête en l'air" (2005). Un véritable travail d'orfèvre des sons élaboré par un "gribouilleur sonore" (ainsi qu'il aime à se définir lui-même) venu du monde de la radio. il suffit pour s'en convaincre de jeter un coup d'oeil sur le verso de la pochette de son premier album. On peut y voir une belle batterie d'ustensiles de cuisine surmontée de la mention "musique pour objets, jouets et choses à bruits". Si l'on pousse la porte et qu'on tend l'oreille, on pourra entendre de subtiles ritournelles jouées sur moulins à musique, grelots de vélo,  couinements d'animaux en peluche, et sur tout un tas d'autres éléments abracadabrants du même acabit. Avec Ayerbe, on retombe en enfance, on nage en plein dadaisme musical, pas très loin des mélodies mécanoïdes de Pierre Bastien et des mélodies-jouets de Pascal Comelade.

    Si vous ne le connaissez pas encore, allez visiter son site où vous pourrez quelques extraits musicaux. En plus, son design, élaboré par une artiste plasticienne dénommée Maron Bouillie, est vraiment superbe.

    Site : http://www.pascalayerbe.com/

  • Jéranium et Man'Hu

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    A peine rentré de Nancy où je viens de participer à un stage passionnant sur les arts sonores et les musiques expérimentales (tout un programme !), je bondis sur mon clavier pour vous parler d'un des spectacles présentés lors de cette brillantissime 23ème édition du Festival de Musiques Nouvelles de Vandoeuvre, j'ai nommé le "Pendule" ou "Concert d'objets aménagés" de Jéranium et Man'Hu, dont c'était je crois la première apparition publique (et dont j'avais déjà parlé ici). Imaginez une structure métallique avec greffées  et disséminées un peu partout, diverses machines à sons réalisées à partir de matériaux de récupération. medium_dscn1522.jpgLorsque le noir se fait, on est embarqué en douceur dans un ballet sonore et visuel d'une grande poésie. Tout les objets sont là, exposés sous nos yeux, on voit comment ça marche ou comment ça déraille quelquefois, et la magie fonctionne tout du long, l'oeil est captivé par les mécanismes tandis que l'oreille entre doucement dans un monde où les bruits sont rois. J'ai vu le spectacle une deuxième fois le lendemain soir et la magie a opéré de nouveau, peut-être plus encore car en me déplaçant, j'ai capté des détails et perçu des sons qui m'avaient échappé la veille. Ce qui se donne à voir et à entendre ici, c'est une autre manière de percevoir le monde, comme si on retournait à un état d'enfance, d'avant les carcans, les règles et les habitudes.
    Pas de sons à vous faire entendre pour l'instant, mais revenez d'ici quelques jours, il y aura peut-être des surprises !
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  • Philippe Renault et ses guitares-bidons

    medium_la_belle2.jpgOn peut tout faire avec un beau bidon. Et pourquoi pas des guitares ! Philippe Renault le prouve en construisant ses instruments à partir d'éléments récupérés : carcasses métalliques, bidons, bois, tôles. Puis dans son atelier, il fabrique et assemble ses "bêtes"  qui trôneront ensuite à côté des ses "belles", des guitares vintage sauvées de l'abandon puis restaurées. Passionné de blues, il possède aussi une superbe collection de pochettes 33 tours qu'il expose à l'occasion.
    A découvrir ici

  • Hugh Davies

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    Comme j'ai démarré ce blog il y a peu, je n'avais pas pu rendre hommage à un musicien pour qui j'ai une affection particulière et qui nous a quitté l'an dernier.
    Hugh Davies (1943-2005) était un artiste aux multiples visages : pionnier des musiques électroniques live, inventeur d'instruments, pédagogue et historien des musiques nouvelles. Dès le début des années 60, il se rapproche de la scène des musiques improvisées anglaises. Il enregistre notamment avec Derek Bailey et Evan Parker, deux monuments incontournables de la free music. De 1964 à 1966, il est assistant de Karlheinz Stochausen à Cologne. Il grave quatre superbes albums solo :  "Shozyg : Music for Invented Instruments" (1982), "Interplay" (1997),  "Warming up the Iceman" (2001)  et "Tapestries" (2005). Il est aussi l'auteur du livre "Sounds Heard", dans lequel il dévoile quelques procédés simples de construction d'instruments. Son instrumentarium comprend plus de 150 nouveaux objets sonores, parmi lesquels le Shozyg, le Porcupine, le Multishozyg. Voici, (extrait du magazine Notes n° 37, mars 1991),  comment il décrivait l'une de ses inventions, une harpe éolienne : "Les sons ressemblent à l'instrument traditionnel, mais la fabrication est assez différente. l'instrument traditionnel est plutôt folklorique, joué par le vent ; dans mon cas, c'est joué par le souffle, mon propre souffle, ou aussi en plein air, mais il ne s'agit pas de cordes, ce sont des petites tiges de métal, qui sont des petites lames de scie pour cécouper les puzzles en bois. Les tiges sont montées en deux arcs, un au dessus de l'autre avec des longueurs différentes pour avoir des notes différentes. J'ai 30 tiges, donc 60 notes, mais la dimension maximale est de 30 cm, et le son est amplifié par 4 micro-contacts, chaque micro étant monté sur un bout de l'arc."
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    Pour écouter et pour plus d'infos :

  • Guitare sans cordes

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    Vu sur eBay  cette drôle de guitare sans cordes, fabriquée dans les années 70. C'est un prototype jamais commercialisé dans lequel les cordes ont été remplacées par des boutons et la caisse de résonance par un synthé. Le guitariste de jazz-rock Scott Cromwell l'aurait utilisé dans plusieurs enregistrements.

     

     

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  • Hourra, cornes-au-cul, vive l'Ubuweb !

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    Il est des lieux qu'on ne se lasse pas de visiter, encore et encore. L'Ubuweb est de ceux-là. A chaque passage, on y découvre de nouveaux trésors. Ce site est une mine de documents textuels, aidio et video sur toutes les formes artistiques d'avant-garde. Malgré plusieurs explorations, je suis  loin d'en avoir épuisé toutes les ressources. Dans les domaines du son et de la lutherie expérimentale, voici deux pépites :
     ici :
    Chronophagie I et II (1960) de Lasry-Baschet
      :
    Acustica : pour sources sonores expérimentales et hauts-parleurs (1971)  de Maurizio Kagel
    Et encore , un extrait d'un texte majeur (en anglais) : l'Art des bruits (1913) de Luigi Russolo
    Site :

  • L'orgue de bois d'Eric Cordier et Denis Tricot

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    Sur l'Orgue de bois, voici ce que j'écrivais récemment dans Octopus : "L’Orgue de bois de Denis Tricot, et Eric Cordier, respectivement constructeur et titulaire de l'instrument, est une sculpture sonore à mi-chemin entre la harpe éolienne d’Athanase Kircher et les expérimentations concrètes de Pierre Schaeffer. Tendus en l’air, sept fils de bois de 9 mètres, entièrement sous suspentes s’élancent au-dessus d’un espace choisi qui devient la console de l'Orgue de bois. Les sons sont amplifiés par des capteurs sonores fixés sur le bois. Eric Cordier intervient directement sur le bois avec mailloches et archets tandis que Denis Tricot agit à mains nues sur les suspentes et en tête de planche, dans un esprit d’improvisation hérité de la musique électroacoustique.

    L'instrument sera visible prochainement dans le cadre de la programmation du Festival de l'Oh à Maison-Alfort, le samedi 20 mai et le dimanche 21 mai (merci à David Fenech pour l'info)

    Plus d'infos ici :

    http://www.festival-oh.org/fest/ev-install9.html
    www.athena.asso.fr/compagnies/tricot

     


     

  • Les biolons d'Olivier Richaume

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    Dans la longue tradition des instruments-bidons, voici les bien nommés Biolons. Inventés par le musicien, homme de théâtre et ethnomusicologue Olivier Richaume, leur principe de fabrication est d'une grande simplicité. Prenez une boîte métallique pour servir de caisse de résonance, un manche en PVC, un archet en fil de nylon et PVC, et vous obtenez un superbe violon-bidon à deux cordes. Et en plus ça marche, nous assure leur concepteur. Autour des Biolons, Olivier Richaume anime des ateliers de fabrication et de découverte à destination des enfants. Il est aussi l'inventeur des Kissy-frotte (bidon-psaltérion, scie sur table, griffasson, ...) dont je vous parlerai une autre fois.
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  • La guitare muette de Ghislain

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    Vu ces images dans un très beau livre de photos de Catherine Réchard, "Système P : bricolage, invention et récupération en prison" (Ed. Alternatives, 2002). Bien que ce soit la seule invention instrumentale présentée, le livre mérite largement qu'on s'y attarde. Chaque page dévoile les trésors  d'ingéniosité et de débrouille mis en oeuvre par chaque détenu pour améliorer son quotidien. Et à la page 105, on découvre un détenu nommé Ghislain qui a fabriqué une guitare en carton et en scotch d'emballage. Il explique que comme il est interdit d'avoir une guitare en cellule, à cause des cordes qui pourraient servir d'arme, il a du imaginer cette solution pour pouvoir quand même faire de la musique. A la place des cordes, il a mis des élastiques et pour les chevilles, des petits morceaux de plastique qui viennent des cintres qui sont fabriqués en cellule. Mais la particularité la plus surprenante de l'instrument, c'est qu'il est presque totalement silencieux : "Elle ne fait pas de sons, c'est uniquement pour apprendre les accords, pour me mettre les morceaux en tête et pour pouvoir les jouer après."
    Dans la collection "guitare sommaire", voilà un instrument que n'aurait surement pas désavoué Bobby Lapointe !
    Site de l'éditeur :

  • La trompette en papier d'Adolf Wölfli

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    En voyant cette photo, je n'ai pas pu résister au plaisir de vous dire quelques mots sur Adolf Wölfli (1864-1930). Même si le fil qui nous relie à l'invention est ténu (ici une feuille de papier), il est là, bien réel, et puis, après tout, pour paraphraser le célèbre mot d'Alfred de Musset : "Qu'importe l'instrument, pourvu qu'on ait du son". Car on peut vraiment faire de la musique avec rien ou presque. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder l'objet blanc dans la main d'Adolf Wölfli : une trompette en papier avec laquelle il jouait sa propre musique. C'est le seul instrument qu'il pouvait fabriquer lui-même dans l'hôpital de La Waldau, près de Berne (Suisse) où il était interné. C'est là, après quelques années agitées, qu'il commence à dessiner et à composer de la musique. Pendant trente ans, il va exécuter des centaines de dessins, des écrits, des partitions musicales, des collages. Ses tableaux sont souvent couverts de notations musicales dont peu de personnes ont jusqu'ici réussi à percer les mystères, même si quelques compositeurs (Terry Riley, Per Norgard, Graeme Revell) se sont inspirés de son oeuvre et de sa vie dans leurs travaux. Aujourd'hui, ses dessins appartiennent aux principales collections d'art brut.

    Pas d'enregistrements d'Adolf soufflant dans sa trompinette papivore, mais des textes lus par des comédiens (il a écrit des milliers de pages) tirés d'un disque rare de 1978 :
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    Plus d'infos ici et

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  • Ela Lamblin

    medium_raga_cover_01.jpgAujourd'hui, c'est un artiste complet que je veux vous présenter. Musicien, compositeur, danseur et sculpteur sonore, Ela Lamblin avait six ans lorsque son père lui a dit : "Je ne veux pas t'acheter de jouets, mais je t'aiderai à fabriquer ce que tu veux". Tout au long de son adolescence et jusqu'à maintenant, cette phrase a trouvé une résonance particulière. Aujourd'hui, après une maîtrise de sculpture au Collège d'Atlanta en 1993, il a  donné corps et voix à son propre univers plastique et musical. Pour chacun de ses spectacles ou enregistrements, il crée ses propres instruments musicaux. L'un d'entre eux, l'Orbitone a d'ailleurs été évoqué par Bart Hokin lui-même dans son livre-cd "Orbitones, Spoonharps, and Bellowphones". A défaut de pouvoir aller le voir et l'entendre (il tourne essentiellement aux Etats-Unis), plusieurs disques et DVD permettent de se faire une bonne idée de son travail.
    Quelques extraits ici :
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  • Les machines de Jean Tinguely

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    Métapoésie III

     

    Je me souviens, c'était en 1988, j'avais découvert émerveillé les machines de Jean Tinguely à l'occasion d'une rétrospective à Beaubourg. Certaines de ces "monumentales machines à mixer le son" occupaient à elles seules l'espace d'une salle, tandis que d'autres, placées sur un support et réparties en différents points, pouvaient être actionnées par le public par le biais d'un poussoir électrique. Ce qui m'avait aussi frappé à l'époque, c'était le très riche potentiel sonore des mécanismes mis en oeuvre dans ces assemblages mécaniques. Jean Tinguely lui-même accordait semble-t-il beaucoup d'importance à la musicalité de ses installations, et cela dès le plus jeune âge. Entre 1937 et 1939, alors qu'il n'a qu'une dizaine d'années, il se souvient avoir construit près d'un ruisseau ses premières oeuvres "méta-mécaniques", des roues hydrauliques avec effets sonores : "J'ai fait jusqu'à deux douzaines de petites roues en bois dont chacune avait sa propre vitesse [...]. Ca frappait, ça actionnait sur un petit marteau qui tapait sur différentes boîtes de conserve rouillées ou pas, des sonorités différentes. Ces sons, ces tonalités, à des rythmes différents, étaient répartis tous les cinq à six mètres, et ces concerts s'allongeaient parfois jusqu'à cent mètres dans la forêt. j'imaginais alors le promeneur solitaire lui aussi dans la forêt, qui entend d'abord ce concert avant d'entendre les bruits de la forêt. Parfois, ça fonctionnait jusqu'à quinze jours, c'était évidemment fragile mais il y en avait quelques-uns qui fonctionnaient pendant des mois."

    Certains des sons produits par les machines de Tinguely ont été enregistrés et gravés sur vinyl. J'ai retrouvé la trace d'un LP produit par un label italien, Manhood, dans le volume 13#2 daté de décembre 1997 d'Experimental Musical Instruments. Mais jusqu'à ce jour, impossible de mettre la main sur cet enregistrement rare au tirage ultra limité, qui mériterait vraiment d'être réédité en cd (message spécial à l'intention des labels inspirés et aventureux !)

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    Méta-poésie IV

    Site du Musée Tinguely à Bâle : http://www.tinguely.ch/fr/index.html

    A lire : Jean Tinguely. Editions du Centre Georges Pompidou, 1988.

     

  • Sonoris causa

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    Bien qu'il ne parle pas exclusivement de lutherie inventée, difficile de passer sous silence ce blog dédié exclusivement au son sous tous ses aspects. La mise en page est confuse, mais qu'importe, les sons sont au rendez-vous. Car on trouve de tout chez Sonoris causa : chronique du bon entendant, le blog de Gilles Malatray, des tableaux qui font de la musique, des concerts de cloches, des collections d'objets du quotidien qui sonnent comme jamais, des paysages sonores en direct des marchés du monde, et beaucoup d'autres choses encore. Et parmi cet encore, la note Ou la lutherie expérimente le son, consacrée au son instrumentalisé, autrement dit à certains bidouilleurs d'objets à bruits venus de l'autre monde, celui où les oreilles voient. Et aussi celle-ci, Ou le son est instrumentalisé, sur un thème analogue, et celle-là, Ou l'on envisage le son dans les cordes, sur différents procédés de harpes éoliennes.

    A visiter, et à revisiter, car le blog s'enrichit sans cesse de nouvelles pages :

    http://sonoriscausa.over-blog.com/

  • Experimental Musical Instruments

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    Aujourd'hui, c'est un site incontournable que je veux vous présenter, Windworld. Avant d'être en ligne, Windworld a d'abord été un magazine, Experimental Musical Instruments. Chaque numéro était accompagné d'une K7 avec des extraits de musiques jouées sur les instruments présentés dans la revue. Animé depuis l'origine par Bart Hopkin, EMI, dont la publication est aujourd'hui arrêtée, a été pendant plusieurs années une centrale d'informations pour tous les passionnés de lutherie expérimentale. Du Theremin à l'Aquavina, du Piano préparé au Pencilina, des centaines d'instruments originaux ont été présentés dans les colonnes d'EMI.  Une bonne partie des musiques présentées sur K7 a aujourd'hui été rééditée en cd sous la forme de trois compilations couvrant l'ensemble de la parution magazine. Bart Hopkin a aussi édité plusieurs livres très complets d'initiation à la lutherie, tels "Making Simple Instrument" ou "Musical Instrument Design". On retrouve sur le site l'ensemble des productions disponibles éditées par EMI, livres, cds, magazine, mais aussi  du petit matériel d'amplification.
    A visiter de toute urgence ! :
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  • Instruments Kesh

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    Je viens de découvrir les instruments Kesh, bien cachés à la 563ème page du roman d'ethnofiction d'Ursula Le Guin, "La vallée de l'éternel retour" (Actes Sud, 1994). Une bien belle découverte, à laquelle je ne m'attendais pas. Sept instruments y sont présentés, dont quatre accompagnés des dessins de Margaret Chodos. Chacun d'entre eux est décrit d'une manière détaillée et circonstanciée. Le Houmbuta est une sorte de grand cor construit en bois de madrone ; le Weosai Medoud Teyahi est une flûte taillée dans le fémur d'un cerf ou d'un agneau ;  le Boud est un petit tambour avec une surface de bois ou de peau tendue ; Le Darbagatush ou "frappemain" est un instrument rustique, consistant en un fagot d'écorces d'eucalyptus que l'on frappe d'une contre la paume ouverte de l'autre pour produire des sons qui ressemblent au crépitement du feu.

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  • Sanzas, percussions et fresques sonores de Jean-Philippe Minchin

    medium_caljjf.jpgJe viens de me racheter une sanza, instrument que l'on rencontre dans pratiquement tous les pays d'Afrique et qui peut prendre différents noms : mbira, likembe, kalimba... Chez nous, on l'appelle souvent piano à pouces. Depuis la première fois où j'ai entendu les sons mélodieux et délicats qui sortaient de ce si petit instrument, j'en suis tombé amoureux. La sanza dont je viens de faire l'acquisition provient de l'Atelier EO, fondé et animé depuis 1985 par Jean-Philippe Minchin. Ce dernier fabrique des sanzas acoustiques ou électrifiées, en différentes essences de bois (merisier, noyer, iroko, red cedar, tecki, noix de coco). La sanza la plus étonnante est sans aucun doute la Sanza Pilchard, dont la caisse de résonance est une boîte de sardines modèle familial.  Il construit aussi  toutes sortes d'instruments de musique inspirés des traditions musicales de différents pays du monde : instruments à vent (sifflets nasaux en bois, appeaux, flûtes harmoniques en red cedar, clarinettes en roseau, ocarinas d'argile), percussions (tambour inuit, tambour hawaïen, métallophone en dural, bâton de pluie, hochet, guiro, tambour kelontong), cordes (harpes, berimbao, arc en bouche).   Mais l'aspect le plus original de son travail, c'est auprès des enfants qu'il le réalise. Ses Fresques sonores ou "entités sonores", créations hybrides mêlant art musical et arts plastiques, sont nées de sa rencontre avec le personnel travaillant en milieu hospitalier, et plus particulièrement auprès des enfants malades. Elles peuvent s'appréhender sous un double aspect, purement esthétique, par une sensibilisation aux formes et aux couleurs, ou pédagogique, par une initiation aux différentes familles organologiques (vents, percussions, cordes...).
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    Plus d'infos :

  • Altagor

    medium_altagor1.jpgAujourd'hui, je veux vous parler d'un artiste total nommé Altagor, dont j'ai déja brièvement parlé pour Octopus il y a quelques mois. De son vrai nom André Vernier, il est né le 27 février 1915 à Joeuf en Lorraine. A 7 ans, il écrit de nombreux poèmes et invente déjà son propre langage. A 14 ans, alors qu'il rêve de devenir professeur de philosophie, son père l'envoie travailler à la mine. Plus tard, il découvre le surréalisme et pour survivre exerce divers métiers. Vers 1946, il monte à Paris où il fait la connaissance d'Isidore Isou, le fondateur du lettrisme. Puis, à partir de 1945, il travaille à la mise au point la Métapoésie, un langage phonétique basé sur les racines gréco-latine. Cette recherche d'une expression artistique complète le conduit également vers la peinture, puis, en 1963, vers la lutherie. Il invente et construit trois instruments originaux : le pantophone, pour cordes frottées, le le métaphone et le plectrophone, pour cordes frappées. Ces instruments sont aujourd'hui conservés par son fils, Marc Vernier.
    Plus d'infos :
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  • Toto n'aime pas la soupe

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    L'autre jour, une amie m'a demandé d'un air dubitatif :"A quoi ça sert un blog ?". J'ai hésité un instant et puis, pour la convaincre de l'intérêt de la chose, je lui ai dit que c'était un moyen formidable de faire connaître des artistes, compositeurs, musiciens, mais aussi des évènements autour desquels les médias traditionnels communiquent peu ou même pas du tout. Ce qui m'amène tout naturellement à vous parler du programme du 17ème Festival de Musiques Innovatrices de Saint-Etienne, organisé par l'association Toto n'aime pas la soupe qui aura lieu du 6 au 11 juin au Musée de la Mine. Un programme qui promet de belles soirées en perspective, avec dans le domaine des bidouilleurs non patentés, Boris Jakobek, que je n'ai jamais entendu, mais dont l'instrumentarium hétéroclite paraît diablement intéressant : installation comprenant tourne-disques préparés, micros, matériaux et objets récupérés plus quelques instruments bricolés ou modifiés. On aimerait en savoir plus sur ces instruments bricolés, mais, malgré des investigations via quelques moteurs de recherche, je n'ai rien trouvé. Alors, il va falloir que j'en prenne mon parti, il ne me reste plus qu'à trouver un moyen d'aller à Saint-Etienne.

    En attendant, le site du festival, c'est ici :

    http://ornitoto.free.fr/prog_2006.htm