30/04/2006

Chomo à l'écoute de l'univers cosmique

medium_chomo1.jpgComme c'est dimanche, je me demandais de qui j'allais bien pouvoir parler aujourd'hui. Et puis, comme ça fait un moment que je cherchais un moyen d'écrire sur une autre de mes passions, l'art brut, j'ai soudain pensé à Chomo. Au début des années 80, j'ai eu la chance de le rencontrer deux fois dans sa maison perdue à Achères- la- forêt en Seine et Marne. Il vivait là depuis de nombreuses années, seul, dans des conditions matérielles difficiles, totalement immergé dans la création de son village d'art préludien. Il avait tout quitté lorsqu'il avait entendu en lui l'appel de quelque chose de plus grand, de plus fort que la vie conformiste du monde. Là, près de la terre, du silence, il a peint, sculpté, écrit, fait de la musique et inventé ses propres instruments à partir de matériaux de récupération. Il a aussi écrit des textes très beaux sur la musique. En voici un, extrait du livre de Claude et Clovis Prévost, "Les Bâtisseurs de l'Imaginaire" (Editions de l'Est, 1990) :
"Les musiques dont j'ai besoin sont des musiques à inconnues, les ondes d'éternité, qui appartiennent aux forces cosmiques, à des rencontres de matériaux, de cellules sonores qui poussent des cris de joie ou de peine. C'est ça la musique pour moi. Il n'est pas question de rythme ni de notes comme faisaient les anciens : ce sont des spontanéités, des sons épurés par l'inconscient. Pour Chomo, la musique ne doit pas être écrite, elle doit être spontanée et laisser une place à l'inconscient. Chomo travaille sur des bouteilles, sur des tubes de verre, sur la harpe d'un piano désenrégimenté. ce que j'obtiens est assez satanique. Ca gueule, c'est le carrefour des contraires : les bulles sonores aux multiples facettes nacrées et la matière qui a faim de digérer la terre. C'est le grand combat d'être ou d'être dévoré par l'autre".
medium_chomoc2.jpgEn voici un autre :
"Quand on martyrise le fer, il crie, il se plaint. C'est très beau. La matière se plaint comme tout ce qui vit sur la terre. Ce sont des plaintes qui n'auront pas de fin. Si on écoutait les décharges publiques, c'est un peu cette musique-là qu'on entendrait. C'est le combat de la terre, de tous les matériaux."
Je ne possède malheureusement pas d'enregistrements de la musique de Chomo. A ma connaissance, il n'en existe pas, sauf peut-être dans le film "Débarquement spirituel" que Chomo a réalisé avec Claude et Clovis Prévost.
medium_numeriser0004.3.jpg

Commentaires

Emotion de te revoir, cher CHOMO, surgi de la forêt des souvenirs préludiens.
J'entends ton piano à l'envers, vieil Harpo.
Habile à enrôler le vent comme si c'était un visiteur quelconque, lui fabriques-tu toujours des symphonies pour fioles thibétaines pendues aux branches des arbres? Ou chevauches-tu avec les walkyries, en compagnie d'une nuée de bébés d'orage?
Libation de Porto pour toi, Roger des aurores!
S'ils ont des blogues au Walhala, fais nous signe encore.

Écrit par : jean-louis lanoux | 03/05/2006

Et oui, le terme d'inspiré n'a jamais aussi bien collé à quelqu'un qu'à Chomo. Lorsque je l'ai rencontré, il m'avait confié que dans sa tête ça ne s'arrêtait jamais, qu'il avait toujours des idées, des images, des visions qui le traversaient, et que quelquefois il aurait aimé que ça s'arrête...

Écrit par : gérard nicollet | 05/05/2006

j ai connue chomo depuis tres long temp, je suis né a acheres la foret en 1955 , nous lui rendion visite souvent, a notre age nous etions émerveillés de tout ces son et ses tableau pleins de mistere, fait de recupération de tout genre,
des images et des souvenirs, je ne pourais jamais oublier cela
domage a cet epoque nous n avions pas de camescope

Écrit par : fourdinier francis | 29/05/2006

Les commentaires sont fermés.