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Albums

  • Gaspar Nali

    Des hommes-orchestres il en existe partout dans le monde, comme j'ai eu l'occasion de le montrer il y a quelques années déjà. Le malawien Gaspar Nali appartient à cette famille hétéroclite de musiciens-inventeurs. Accompagné d'un instrument unique : une « guitare » de deux mètres de long à une corde qu’il a nommée le Babatoni, il a enregistré en juillet 2015 son premier album, A Bale Ndikuwuzeni,  chez Spare Dog Records, un label basé à Bristol. La musique est exclusivement disponible en téléchargement.

    Gaspar Nali, babatoni, one man band, homme-orchestre

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  • Il y a des vies qui dévient

    mattt konture,toupidek limonade

    La venue de Mattt Konture chez moi il y a quelques semaines n'est pas étrangère à la chronique que voici. Mattt a remarqué  le disque posé sur un présentoir du salon et m'a signalé qu'il appréciait beaucoup la musique de ce groupe. Et même si les instruments inventés ne figurent pas dans leur instrumentarium, un groupe aussi inventif et délirant méritait bien une chronique. En parallèle, relisant la comixture "Tombe la veste", je me suis aperçu que Mattt avait aussi expérimenté la lutherie sauvage avec une musique jouée sur piano en plastique et dougoudoucrayon  ! Il faudra que je lui demande des précisions sur ce crayon dougoudou !

    mattt konture

    Tant de concours de circonstances et de coincidences m'ont enfin décidé à écrire. Déjà pas mal de temps que la superbe pochette dessinée par Jean-Pierre Nadau me narguait. Le travail de Jean-Pierre Nadau ne m'était pas inconnu,. Je l'avais d'abord découvert comme journaliste au sein de l'excellente et défunte revue Notes pour laquelle il avait signé quelques articles. Je me souviens en particulier d'une page très documentée sur Chomo. Ensuite pour "L'Air de Riens", une exposition collective arlésienne organisée par Originart en 2009 dans laquelle il avait présenté plusieurs dessins de très grands formats à l'encre de Chine noire. Manque de temps, paresse, j'ai sans cesse reculé le moment d'extraire la galette de vinyl de son emballage papier avant de la poser avec précaution sur ma modeste platine qui fait tout mais pas très bien (vinyls, cds, K7, clé usb et même radio).

    Toupidek Limonade

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    Mais d'abord Toupidek Limonade kezaco ? Né en 1985, Toupidek Limonade est un trio composé de Jean Caël, basse, guitare, claviers, voix, Kwettap Ieuw, voix, percussions, et Denis Tagu, claviers, accordéon, percussion et voix. Denis Tagu est par ailleurs le fondateur du label rennais InPolySons, spécialisé dans différents courants des musiques inouïes, inentendues et inattendues, comme la toy music, la musique mécanique ou la musique brute (en référence à l'art brut de Jean Dubuffet).

    Si le nom fruité du groupe sonne comme celui d'une boisson exotique, en réalité Toupidek est un mot groenlendais se réfèrant aux petites statues sculptées dans des os de baleine qui représentent des monstres de mer aux pouvoirs magiques, et, sous le mot Limonade, point de sens caché mais un simple clin d'oeil à la célèbre boisson pétillante constituée de jus de citron, d'eau et de sucre. Dans certains contes esquimaux, le Toupidek est un petit être qui ressemble beaucoup à un lutin et qui vit dans des grottes creusées dans les glaciers du Groenland.

    toupidek limonade

    Tout ceci pourrait sembler anecdotique et pourtant, l'univers toupideklimonadien est l'exact reflet des mots et des histoires qui sous-tendent son intitulé. Fortement imprégnés d'humour dadaiste, délire pataphysique, nonsense anglais et calembours oulipiens, les titres sont à eux seuls de délicieux haikus saisis sur le vif du rasoir à mots. D'"Imaginer sa conception" à "Ethers nuitées" en passant par "Hélium d'insouciance", "Profite, rock & roll" et "Or, ni, car", on assiste à un détournement permanent du langage. Et la musique n'est pas en reste qui passe subrepticement d'une ritournelle enfantine absurde et inquiétante à une courte plage instrumentale aussitôt brisée par une rythmique obsédante, aussitôt agonisante. La musique de Toupidek Limonade surprend. Elle se joue des adjectifs comme des étiquettes. Elle est toujours là où on ne l'attend pas. Quelquefois, on aimerait que tel ou tel passage d'un morceau se prolonge mais trop tard, on est déjà emporté ailleurs. La musique de Toupidek Limonade n'est pas logique, elle tourne à l'envers des sillons et voyage au coeur des rêves.

    Des rêves qui se prolongent le temps d'un beau disque vinyl comme on en fait encore...quelquefois.

    Pour en savoir plus sur Toudidek Limonade, une page (en anglais) sur Progarchives.com : ici.

  • Hommes-orchestres

    Un nouvel album à découvrir sur ce blog, entièrement dédié aux One Man Band ou hommes-orchestres. J'avais consacré en 2006 plusieurs notes à ces musiciens, célèbres ou inconnus, qui forment un orchestre à eux seuls. Ils utilisent le plus souvent un instrumentarium classique (guitare, harmonica, grosse caisse), mais inventent quelquefois d'ingénieux systèmes instrumentaux. Devant la richesse de l'iconographie glanée sur la toile, j'ai décidé que toutes ces belles photos méritaient bien un album, à découvrir dans la rubrique "Albums", colonne de droite.

    One Man Band, homme-orchestre

    Très belle page sur les hommes-orchestres sur le site de Deke Dickerson

  • Le son des rêves

    Dream machine, Brion Gysin, Lionel Stocard, Rêvibracléide

    On connaissait la Dream Machine inventée en 1958  par le scientifique Ian Sommerville à partir d'une expérience de l'artiste et poète beat Brion Gysin. Un cylindre de carton présentant des fentes sur les côtés est posé sur le plateau d'un phonographe tournant en 45 ou 78 tours par minute. Une ampoule est suspendue à l'intérieur du cylindre. L'utilisateur placé devant la machine la regarde les yeux fermés. Les flashs lumineux répétés, dont la fréquence correspond à celles des ondes alpha du cerveau en relaxation, le mettent dans un état de conscience modifié. Pour ceux que l'expérience intéresse, on trouve sur le net des plans pour construire soi-même une dream machine.

    Avec la Chambre expérimentale des rêves, l'aventure onirique se poursuit dans la dimension sonore. Le dispositif imaginé et construit par Lionel Stocard, dont j'avais furtivement présenté le travail ici, place l'apprenti rêveur au centre d'un dispositif d'immersion corporelle et auditive. A l'occasion d'une rencontre en Arles, j'ai pu découvrir et expérimenter la machine à rêves. A l'exception des deux premières photos, les images qui illustrent ce post ont été prises par Jessica Hervo. Plus de photos dans l'album "Lionel Stocard" à découvrir  ici-même.

           Ce "laboratoire artistique évolutif" est composé d'un instrument inventé, le Rêvibracléide, et d'un fauteuil en équilibre instable sur lequel vient s'allonger l'apprenti rêveur. Ce dernier, bercé tout à la fois par le balancement du fauteuil et par les sons utérins du rêvibracléide, ne tarde pas à plonger dans une transe légère propice à l'imaginaire et aux rêves.

    Description du Rêvibracléide par Lionel Stocard :

    Il s'agit d'un instrument électrique composé de plusieurs claviers. Le clavier central est constitué d'une corde basse qui vibre sous l'action d'une vielle électrique. On joue ensuite avec les harmoniques que l'on peut varier à l'aide d'un sillet mobile fixé sur une vis sans fin. Ce système permet de faire chanter la note donnant parfois l'apparence d'une voix humaine. Deux autres claviers sont munis de cordes de guitare, c'est le mode de jeu qui va enrichir les sonorités. On joue avec différents outils comme l'archet, des baguettes en inox ou en bois pouvant servir de percuteur. Un quatrième clavier est monté d'une corde basse qui peut être frappée par un marteau mécanique, un pendule micro permet de donner un rythme à la composition. Le dernier clavier est un dispositif composé de plumes permettant d'émettre des sons tout en conservant les deux mains disponibles. C'est en soufflant sur ces plumes contact que l'on restitue à des  hauteurs de notes différentes des extraits sonores samplés en direct.
    A tout cet ensemble sont ajoutés un micro chant et quelques éléments de percussion comme sanza, baguette de bois cannelée, lame de laiton.

    Bois- cuivre- laiton- micros électriques- cordes- Longueur 1,10m hauteur 1,50m profondeur 0,70m.

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  • Asonie & Cie

    Nouvelle video d'Asonie captée par Jessica Hervo au cours d'une répétition dans l'Eglise des Frères Prêcheurs, Arles, le mercredi 12 octobre, dans le cadre de l'exposition "Embrasez vous !". Et aussi un nouvel album "Asonie" à découvrir à la rubrique "Albums", colonne de droite.

  • Gare au gaffophone !

     
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    Attention, gare aux oreilles ! Le spécialiste des gaffes en tous genres est de retour, armé de son engin sonore à haut risque, le Gaffophone. Il fallait bien qu'un jour je me décide à consacrer un post au plus célèbre instrument de la bande dessinée. C'est André Franquin, créateur de l'immortel Gaston Lagaffe, qui a imaginé et dessiné cet instrument détonnant. Après avoir successivement joué de la guitare électrique modifiée, du trombone à coulisse, de la guitare sèche, du bombardon, mais aussi façonné une multitude d'inventions toutes plus farfelues les unes que les autres, Gaston joue du gaffophone pour la première fois le 9 mars 1967 dans la planche 449 du n°1508 de Spirou. A cette occasion, Fantasio propose de le baptiser Brontosaurophone, en raison de son aspect préhistorique mais c'est finalement le terme de gaffophone qui sera conservé par Gaston, plus conforme aux caractéristiques comportementales récurrentes de son personnage. Pour créer l'instrument, Franquin s'est inspiré d'une harpe africaine qui était exposée au Musée Royal de l'Afrique centrale de Tervuren. Mais, comme Gaston  l'explique à Spirou  : "Je me suis inspiré d'un instrument africain, mais j'ai perfectionné... le principe est simple : une vibration du tonnerre avec une résonance maximum...". C'est la partie rédactionnelle des aventures de Gaston et les illustrations dans le Journal de Spirou qui ont mis progressivement l'instrument sur le devant de la scène, en particulier dans les n°s 1528, 1529, 1530, 1531 et 1600, ainsi que pour quelques mémorables illustrations de couverture. Dans le catalogue accompagnant une récente exposition consacrée au monde d'André Franquin à la Cité des Sciences, voici comment est expliquée la gêne engendrée par l'audition de l'instrument : " Les cordes de son gaffophone vibrent intensément et sa caisse de résonance est particulièrement efficace. Mais la caisse de résonance n’amplifie pas toutes les harmoniques de la même façon : elle participe au façonnage du son final, résultant de la superposition des harmoniques sélectionnées. Une caisse de résonance qui n’amplifie que des harmoniques peu mélodieuses donne à l’instrument un son désagréable à entendre. C’est peut-être là que réside l’origine du son désagréable du gaffophone. Encore une gaffe de son inventeur !". Signalons au passage que pour Gaston Lagaffe, ce n'est pas la seule occasion de faire de la musique puisque, outre les instruments  cités ci-dessus, il joue aussi de la guitare de camping, du violon paralysant, de l'appeau à taupes, et fait également partie de plusieurs ensembles instrumentaux, dont les Moon Module Mecs, les Gnap Gnap Gnap et Les Rois des Sons.

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    Devant le succès rencontré auprès des lecteurs, un concours , "Fabriquez un gaffophone", est même organisé et annoncé le 29 février 1968 dans le n°1559 de Spirou. Le jury éclectique compte parmi ses membres Jacques Dutronc, Sheila, Pierre Tchernia, Jean-Pierre Beltoise et Frank Pourcel. A cette occasion de nombreux instruments seront présentés, dont il ne subsiste aujourd'hui dans le meilleur des cas que quelques photographies ou même, pour l'un d'entre eux, un petit film amateur mis récemment en ligne par le neveu d'un des participants, Luc Lebrun. Les noms des gagnants du concours furent donnés dans le n° 1560 : 1er prix : Jacques Simon (Nanterre), 2ème prix : Hermo dal Corso (Marseille), 3ème prix : Yves et Luc Lebrun (Neuilly). Il semblerait qu'il existe également un enregistrement sonore dudit instrument. A quand un hommage au gaffophone par certains musiciens et inventeurs actuels ? En attendant, on peut continuer à se régaler les mirettes et les zygomatiques en dégustant les nombreuses planches dédiées à l'instrument. Et devant l'abondance des illustrations glanées sur le net et ailleurs, j'ai décidé d'ajouter un nouvel album à découvrir dès aujourd'hui.

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  • Le Refus des cénacles

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    Samedi 10 octobre à 17h 30 dans l'Eglise des Frères Prêcheurs en Arles, dans le cadre  de l'exposition "L'Air de Riens", organisée par Originart, auront lieu deux solos, "Le Refus des cénacles" par Luc Bouquet, batterie et percussions, et "Violoneries" par Yannick Lemesle, violon et dispositif électroacoustique, deux musiciens déjà présents le vendredi 2 octobre dernier lors de la représentation de Sonotrain. Rapellons que Yannick Lemesle est par ailleurs l'inventeur du méli-melophone, instrument hybride utilisant certains principes de jeu issus du daxophone d'Hans Reichel et du cristal des Frères Baschet. A propos de la soirée du 2 octobre, un nouvel album intitulé "Sonotrain aux Frères Prêcheurs", rassemblant quelques photos prises ce soir-là par Eliane Vauclare, est à découvrir dans la colonne de droite.

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  • Instruments introuvables

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    Carelman faisant boire son chien Virgule dans le verre à teckels.jpg

    En 1969, le dessinateur Jacques Carelman publiait chez André Balland le Catalogue des objets introuvables. On pouvait y rencontrer diverses inventions aussi indispensables que la pipe double qui permet de fumer deux tabacs différents ou le porte-plume-fourchette qui permet aux employés de bureau de prendre leur repas de midi sur leur lieu de travail. Et au milieu de toutes ces brillantes créations, plusieurs dessins pleins d'humour sur la musique et les instruments.

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     De telles merveilles méritaient bien un album. Vous l'atteindrez en déplaçant légèrement la souris  sur votre droite vers l'album éponyme. Bonne découverte ! 

    Et en bonus, une petite video à l'occasion de la réédition de l'ouvrage au Cherche Midi en 1998.

  • Audiphone

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    En ce début d'année, j'ai décidé de lever le voile sur un mystère qui intrigue plus d'un lecteur de ce blog. Je veux parler de la gravure qui me sert d'avatar sur laquelle on peut voir un homme de profil portant à ses lèvres un long cône de carton. Beaucoup se sont interrogés sur les fonctions précises de cet objet. Il s'agit en fait d'un audiphone, premier appareil acoustique inventé en 1879 par Richard Rhodes et amélioré par Colladon en 1880.

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    Il se compose d'une mince feuille de caoutchouc durci  ou de carton épais, maintenu recourbée par des cordons de tension, que l'on place à côté des dents à travers lesquels les vibrations sonores sont transmises au nerf auditif sans passer par l'oreille externe. En 1900, c'était un appareil acoustique qui permettait aux personnes sourdes de percevoir le son. Plus tard, des versions améliorées de l'appareil ont vu le jour, comme on peut le voir sur les photos ci-dessus et ci-dessous. A la même époque d'autres appareils acoustiques ont été inventés, notamment le Dentaphone, mis au point par T.W. Graydon en 1880. Bien que ces appareils ne produisent pas de son mais servent au contraire à le percevoir il m'a semblé intéressant de les présenter au vu de leur intérêt tant historique que photographique. Pour ceux que le sujet intéresse, d'autres images à découvrir dans le nouvel album "Audiphone" à découvrir sur ce blog.  Pour plus d'infos sur les Audiphones, on lira avec profit le N° 350 de la revue La Nature datée du 14 février 1880, à consulter ici.

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