Les LULLitiens seront à la fête dans les rues de Montreuil, Bagnolet et Paris le week-end du 25 et 26 mai ainsi que le dimanche 2 juin. Les LULLitiens est un orchestre composé de 4 musiciens professionnels, Jorge de Moura, Alain Guazzelli, Florence Kraus, Julien Lambert, accompagnés par une dizaine de musiciens amateurs de tous âges et de tous niveaux.
Les premières rencontres européennes (concerts, rencontres, workshops, ...) autour de l'objet recyclé dans la création musicale ont eu lieu au LULL, siège de l'association Lutherie Urbaine, du 13 au 17 décembre 2012. Elles rassemblaient trois acteurs importants de la lutherie inventive : Riciclato Musicale, quatre musiciens d'Ancône inventeurs d'un instrumentarium issu de la récup' et du détournement d'objets, Max Vandervorst, luthier sauvage bien connu des amateurs, et Les Urbs, groupe de musiciens à géométrie variable gravitant autour de Lutherie Urbaine.
A ne surtout pas manquer ce week-end, Luthineries, le salon des inventeurs de sons au Moulin des Evêques à Agde. Du vendredi 10 mai au dimanche 12 mai, de nombreux évènements sonores (exposition, rencontres, ateliers, concerts, ...) autour de la lutherie inventive. Avec notamment Armel Plunier, bricophoniste bien connu des lecteurs de Chercheurs de sons, mais aussi l'Ensemble Hope avec Pinuccio Sciola qui présente une création en première mondiale : un concert pour deux cristals et harpes de pierre. Les cristals font référence bien sûr au célèbre instrument conçu par Bernard Baschet et François Baschet et les harpes de pierre sont une création du sculpteur italien Pinuccio Sciola, déjà présenté ici-même.
Armel Plunier
Ensemble Hope
Pinuccio Sciola
Plus d'infos sur le site du festival : Luthineries
Clin d'oeil, bien avant les championnats d'Air Guitar : une photo de Marcel Proust mimant un jeu de guitare sur une raquette de tennis. Clin d'oeil qui en rappelle d'autres, évoqués ici-même: souvenez-vous du piano aux touches de sucre d'Antonin Artaud, de la trompette en papier d'Adolf Wölfli ou des objet sonores et poétiques de Jacques Carelman dans son célèbre "Catalogue des objets introuvables". Instruments virtuels, instruments bricolés, instruments rêvés.
Retour aux affaires en douceur, avec peu de notes, et, pour l'instrument qui nous occupe aujourd'hui, peu de cordes, voire même une seule corde. Une guitare sommaire qui n'aurait pas déplu à Bobby "l'ami zantrop" Lapointe. Démonstration en images avec un blues acoustique interprété par le bien nommé Brushy One String, roi de la guitare à une corde.
On trouve de nombreux autres exemples de guitares à une corde chez les luthiers inventeurs. En voici deux exemples parmi les plus réussis.
Pour bien commencer l'année, voici quelques images des guitares sculptures de Brian Chan, jeune artiste écossais oeuvrant aussi dans la mode et le design. Je ne sais pas si ces instruments fonctionnent ou s'ils sont de simples sculptures. C'est par le biais du site Boooooom!que j'ai fait cette découverte. C'est également sur Boooooom! que j'ai déniché d'autres trouvailles intéressantes dont je vous parlerai demain...ou très bientôt.
Imaginez un orchestre de musique classique où tous les instruments (violon, violoncelle, flûte) proviendraient de la récup' et sur lesquels il serait possible de jouer des oeuvres de Bach, de Mozart ou d'autres compositeurs célèbres. Cet orchestre, le Landfil Harmonic, existe à Cateura, un bidonville du Paraguay construit sur un site d’enfouissement de déchets. Il est formé de jeunes musiciens que rien ne prédestinait à faire de la musique.
Les 2.500 familles qui résident dans cette zone désolée séparent les ordures pour le recyclage. Un rapport de l’Unicef note que plus de 1.500 tonnes de déchets solides sont déversés chaque jour sur ce site. Ce sont souvent les plus jeunes habitants de Cateura qui se chargent de la collecte et de la revente des déchets. En outre, l’eau y est extrêmement polluée et les jours de pluie, le secteur est envahi par ces eaux contaminées.
« Un violon coûte plus cher qu'une maison ici », explique Favio Chavez, directeur et fondateur de l’orchestre Landfill Harmonic. « Ma vie ne serait rien sans la musique », explique une jeune fille. Juan Manuel Chavez, surnommé Bebi, a construit un violoncelle à partir d’un bidon d’huile et d’anciens ustensiles de cuisine. Face à la caméra, il interprète magnifiquement le Prélude de la 1ère Suite pour violoncelle de Jean- Sébastien Bach.
« Les gens réalisent que nous ne devrions pas jeter tant de déchets de façon négligée », souligne Favio Chavez à la fin de la bande-annonce. « Et bien, nous ne devrions pas non plus abandonner les gens ». « Vous nous envoyez vos déchets, on vous renvoie de la musique ! ». (Arnaud Lefebvre)
Un documentaire sur cet orchestre atypique, "Landfil Harmonic", est en cours de réalisation par Juliana Penaranda-Loftus & Alejandra Nash. Le film montre comment des déchets et des matériaux recyclés peuvent être métamorphosés en instruments de musiques beaux et fonctionnels, mais plus important encore il témoigne de la transformation d'être humains grâce à la musique.
Non, il ne s'agit pas d'un nouvel épisode de la série Walking Dead ni même une énième déclinaison zombiesque façon Romero mais du nouveau trio de Pierre Bastien qui avec "Playing with the dead" ajoute une dimension cinématographique à son univers musical. Accompagné du bassiste et platicien hollandais Bruno Xavier Ferro Da Silva et du batteur jazz anglais Steve Argüelles, Pierre Bastien, à la trompette préparée et à la video, sera en concert le mardi 18 décembre à 20h 30 au Théâtre Berthelot à Montreuil dans le cadre de la Semaine du Bizarre.
Pierre Bastien (photo Guy de Lacroix-Herpin)
Le nouveau trio de Pierre Bastien joue avec les vidéos de musiciens du passé : des seconds violons d’un orchestre égyptien, des anonymes d’un rituel jamaïcain, des animateurs oubliés d’un cabaret parisien, la section rythmique d’un jazz antique. Dans cette ambiance de vieux films 16 mm les musiciens ressuscités répètent leur partie en boucle, un peu comme des machines.
Playing with the dead (photo Guy de Lacroix-Herpin)
Pour ce nouveau projet, Pierre Bastien a minutieusement sélectionné des brefs moments filmés qu’il a reconstruits et mis en boucle pour reconstituer les leitmotiv cinétiques nécessaires à ses compositions. En duo ou trio accompagné par deux instrumentistes, Pierre Bastien joue avec eux des compositions originales à peine influencées par le folklore inhérent à chaque boucle vidéo, pour au contraire les faire revivre dans sa musique.
Comme s’il souhaitait qu’un musicien futur lui réserve le même sort : que dans quelques décennies, il le tire de l’oubli pour l’associer à son groupe.
Amoureux des musiques hors les normes, passionnés de lutherie sauvage, dingos de recyclages musicaux en tous genres, cette information devrait vous intéresser. Les premières rencontres autour du projet européen "De l'objet recyclé à la création musicale" auront lieu au LULL (Lutteries Urbaines et Lutherie Urbaine) à Bagnolet du 13 au 17 décembre 2012. Après avoir mené une série d'échanges avec des artistes congolais, mozambicains et sud-africains autour de la récupération entre 2000 et 2010, Lutherie Urbaine entame en 2012 et jusqu'en 2014 un cycle de rencontres avec les compagnies Riciclato Circo Musicale et Curieux Tympan. Et ce mois-ci, après trois jours de workshop, c'est le belge Max Vandervorstqui ouvrira le bal le samedi 15 décembre à 20h avec son "Récital pour objets abandonnés et clavier tempéré". Accompagné au piano par Marc Hérouet, le luthier sauvage jouera divers mélodies poétiques et jubilatoires dont il a le secret sur un instrumentarium improbable et inattendu : boîte de conserves, klaxons, fers à repasser, pack de bières, rasoir jetable, ... Belle soirée en perspective !
Le dimanche 16 décembre à 17h ce sera au tour des quatre acolytes du Riciclato Circo Musicale d'entrer en scène. Comme Max Vandervorst, eux aussi font appel à la récupération pour la construction de leurs intruments. Leur spectacle "Electrodomesticatour" intègre des objets du quotidien et en particulier à de nombreux ustensiles electroménagers comme pour mieux nous faire toucher de l'oreille que les sons sont partout : "Non buttate via niente, anzi suonatelo ! (Ne jetez rien, faites sonner !).
Certains noms viennent immédiatement à l'esprit lorsqu'on pense aux pionniers de la guitare électrique : Les Paul, Alvino Rey, Charlie Christian, Merle Travis et quelques autres. Mais une femme mériterait de faire partie de ce panthéon guitaristique. En 1937, Letritia Kandle invente le Grand Letar, la première guitare électrique de table. Voici comment est présenté l'instrument dans Down Beat en octobre 1937, un des premiers articles de presse de l'époque dédié à cet instrument :
Paul Witheman et Letritia Kandle au Grand Letar
Ce nouvel instrument, connu sous le nom de "Grand Letar" (ainsi nommé par Paul Whiteman) a été inventé et construit par Letritia Kandle. L'instrument à 26 cordes et possède un effet lumineux très nouveau puisqu'il est le seul instrument dont la couleur change quand on en joue.Pendant six ans Miss Kandle a travaillé et développé le système harmonique de l'instrument à partir de celui d'une guitare hawaïenne 18 cordes qu'elle avait également conçue et fabriquée. Miss Kandle a interprété de nombreux programmes musicaux à travers les Etats-Unis. Elle possède son propre orchestre à cordes pour lequel elle écrit tous les arrangements. Miss Kandle a présenté son instrument lors du dernier salon des luthiers de New York.
Letritia Kandle dirige le Chicago Plectrophonic Orchestra
Très jeune, Letritia Kandle des dispositions particulières pour la steel guitar et en 1933 elle se spécialise dans la culture hawaïenne. L'année suivante, elle fonde un groupe de filles, The Koala Girls, qui joue de la musique hawaïenne. En 1937, Letritia a en rêve la vision d'un nouvel instrument de musique et travaille avec son père qui est ingénieur et la société National Guitars pour que ce rêve devienne réalité. Kandle disait qu'elle avait rêvé que cet instrument est "un son plein, un peu comme celui d'un orgue, et qu'il puisse produire une harmonie complète et change de couleur à chaque changement de tons." Elle a ensuite voyagé à travers tout le pays et joué pour beaucoup de ses idoles mais aujourd'hui il n'existe aucun enregistrement de Letritia Kandle et du Grand Letar.
Elle n'a jamais connu la gloire et le succès comme beaucoup de ses pairs à la même époque et a progressivement sombré dans l'anonymat. National Guitars n'a jamais construit d'autres exemplaires du Grand Letar en raison de conditions de fabrication trop lourdes et trop coûteuses. A la fin des années 2000, un historien de la steel guitar nommé Paul Warnik a découvert par hasard une photo de Letritia Kandle et de son instrument et n'a pas pu la chasser de son esprit. Après enquête, il a retrouvé sa trace et a pu la rencontrer chez elle alors qu'elle approchait les 90 ans. Dans sa maison il y avait un Grand Letar remisé depuis 55 ans sous les escaliers. Il l'a fait restaurer et le Grand Letar a entamé une nouvelle vie.
L'ami Will Menter remet le couvert et nous propose de l'aider à la création de son nouveau projet "Le Son Est Toujours Présent" :
Bonjour
J'écris à tous et toutes de ma liste mailing pour vous informer de mon nouveau projet "Le Son est Toujours Présent". C'est en mûrissement depuis un an et s'occupe d'une période plus qu'une décennie. Il comprime un livre de 200 pages de photos et textes à propos mon œuvre - en solo aussi qu'en collaboration - avec 3 CDs audio de ma musique. Peut-être vous ou quelqu’un de votre connaissance vous intéressez de soutenir ce projet. J'ai devisé un système pour faciliter ce soutien, que c'est une précommande simple d'un exemplaire ou une contribution plus importante. Dans tous les cas je vous propose quelque chose en échange, approprié au niveau de votre contribution. Vous trouverez toutes les informations ici :
Si vous passez par Bouzin, dans le canton d'Aurignac en Haute Garonne, les samedi 17 novembre à 17h et à 21h et le dimanche 18 novembre à 17h, vous aurez une occasion unique d'assister à l'une des trois représentations des installations sonores d'Arno Fabre et de Laurent Bigot.
C’est en venant à l’heure dite que vous pourrez tout voir : “Les souliers” d’Arno Fabre et “Le Petit Cirque” de Laurent Bigot, pour une après-midi / soirée autour du son produit par la manipulation d’objets, mécanique ou manuelle !
Commençons par l’installation sonore d’Arno Fabre : une armée de souliers composée de 30 paires de chaussures. Bottines, escarpins, chaussures d’enfants, etc. frappent, frottent le sol, s’emballent ou ralentissent pour créer rythmes et contretemps. Fermez les yeux et distinguez marches joyeuses ou guerrières ; ouvrez les yeux et observez toutes ces chaussures aux tempéraments multiples (certaines sont provocantes, timides, séduisantes) ; ces orphelines de pieds semblent convoquer les fantômes de ceux qui les ont habitées, choyées ou abîmées… Fascinant.
Poursuivons avec “Le Petit Cirque” de Laurent Bigot : ce passionné de musique improvisée et d’expérimentations sonores a construit une petite piste de cirque hors du commun où chaque action est guidée par le son. À partir de bouts de ficelles, de ressorts, de jouets de quincaille et autres gadgets démodés, il met en piste des numéros fragiles pour lilliputiens qui déclenchent vibrations et mélodies étonnantes. De mini voltiges en micro pirouettes, vos yeux et vos oreilles en seront tout… ébouriffés !
Au Lieu Unique à Nantes se tient une exposition à ne surtout pas rater, Bobbyland[e]s, orchestre d’automates dont tous les instruments sont joués par des moteurs et programmés informatiquement. Bobbyland[e]s : exposition du 20 au25 novembre 2012, tous les mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche, de 15h à 19h.
Durant l’année 2011-2012, ce projet participatif a réuni une trentaine d’intervenants dans le cadre d’une création partagée soutenue par la ville de Nantes, la DRAC des Pays de la Loire et le lieu unique. Tous les participants aux répétitions publiques hebdomadaires (et particulièrement les résidents du Bout des Landes, quartier du nord de Nantes où est basé le Studio d‘en Haut) y ont contribué en fonction de leurs disponibilités, leur savoir-faire, et leurs envies : depuis l’invention technique des Bobby (les robots qui actionnent les instruments) jusqu’à l’écriture de la pièce musicale qu’ils interprètent.
Utilisant des instruments classiques (pianos, contrebasse, percussions…) déjoués par des imprimantes, lecteurs de disquettes ou moteur d’essuie-glace, le dispositif créé plonge l’auditeur dans des sonorités inattendues.
L’instrumentarium ainsi créé est par la suite contrôlé via l’informatique avec l’aide de « cartes » électroniques spécialement imaginées et conçues par Naonext. A l’aide de ces cartes l’ordinateur peut ensuite commander précisément chaque moteur permettant la composition d’une pièce sonore.
En novembre 2012, au lieu unique, Bobbyland[e]s prend la forme d’une installation musicale réunissant tous les instruments fabriqués pendant l’atelier animé par l’équipe du Studio d’en Haut, rythmée par des performances en live.
Cette installation musicale est présentée par l'association nantaise Studio d'en haut, installée depuis 2009 aux ateliers Cassin, spécialisée dans la musique, l'art numérique, l'art visuel et la nouvelle lutherie.
« - Prendras-tu un apéritif ? demanda Colin. Mon pianococktail est achevé, tu pourrais l’essayer. - Il marche ? demanda Chick. - Parfaitement. J’ai eu du mal à le mettre au point, mais le résultat dépasse mes espérances. J’ai obtenu, à partir, de la Black and Tan Fantasy, un mélange vraiment ahurissant. - Quel est ton principe ? demanda Chick. - A chaque note, dit Colin, je fais correspondre un alcool, une liqueur ou un aromate. La pédale forte correspond à l’œuf battu et la pédale faible à la glace. Pour l’eau de Selbtz, il faut un trille dans le registre aigu. Les quantités sont en raison directe de la durée : à la quadruple croche équivaut le seizième d’unité, à la noire l’unité, à la ronde le quadruple unité. Lorsque l’on joue un air lent, un système de registre est mis en action, de façon que la dose ne soit pas augmentée – ce qui donnerait un cocktail trop abondant – mais la teneur en alcool. Et, suivant la durée de l’air, on peut, si l’on veut, faire varier la valeur de l’unité, la réduisant, par exemple au centième, pour pouvoir obtenir une boisson tenant compte de toutes les harmonies au moyen d’un réglage latéral. - C’est compliqué, dit Chick. - Le tout est commandé par des contacts électriques et des relais. Je ne te donne pas de détails, tu connais ça. Et d’ailleurs, en plus, le piano fonctionne réellement. - C’est merveilleux ! dit Chick. - Il n’y a qu’une chose gênante, dit Colin, c’est la pédale forte pour l’oeuf battu. J’ai dû mettre un système d’enclenchement spécial, parce que lorsqu’on joue un morceau trop « hot », il tombe des morceaux d’omelettes dans le cocktail, et c’est dur à avaler. Je modifierai ça. Actuellement, il suffit de faire attention. Pour la crème fraîche, c’est le sol grave. - Je vais m’en faire un sur Loveless Love, dit Chick. Ça va être terrible. -Il est encore dans le débarras dont je me suis fait un atelier, dit Colin, parce que les plaques de protection ne sont pas vissées. Viens, on va y aller. Je le règlerai pour deux cocktails de vingt centilitres environ, pour commencer.
Chick se mit au piano. A la fin de l’air, une partie du panneau de devant se rabattit d’un coup sec et une rangée de verres apparut. Deux d’entre eux étaient pleins à ras bord d’une mixture appétissante. - J’ai eu peur, dit Colin. Un moment, tu as fait une fausse note. Heureusement, c’était dans l’harmonie. - Ça tient compte de l’harmonie ? dit Chick. - Pas pour tout, dit Colin. Ce serait trop compliqué. Il y a quelques servitudes seulement. Bois et viens à table. »
Le pianocktail de Boris Vian dans "L'Ecume des Jours", vous connaissez ? Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous quelques notes en arrière avec en 2007 "Un pianocktail pour le réveillon", puis récidive en 2008 avec "Des pianocktails en veux-tu en voilà !", et pour finir en mars 2010 "Le retour du pianocktail". Jusqu'à aujourd'hui, on trouvait peu de videos de l'instrument sur la toile, jusqu'à ce que Jean-François Zygel n'ait eu la bonne idée d'inviter Voel Martin, de la Compagnie marseillaise La Rumeur, dans son émission La Boîte à Musique le 21 juillet 2011.
Le saviez-vous, cette année on fêtera le 60ème anniversaire de l'invention du Cristal par Bernard et François Baschet, ainsi que le 30ème anniversaire de l'association Structures Sonores et Pédagogie. Une occasion unique de (re)découvrir cet étonnant instrument. "Je voulais sortir du carcan de la musique contemporaine qu'on faisait à l'époque, celle de Boulez qui disait que la musique est faite pour être lue, et non entendue. Ce qui nous intéresse, nous, c'est la sensorialité, le contact direct avec la vibration", raconte Bernard Baschet. Avec son frère François, il élabore dans les 50 une première version du cristal qui aura une renommée internationale. Ce clavier vertical composé de tiges de cristal émet des sonorités pures et profondes au contact de ses doigts humidifiés. "Le cristal est un vrai instrument. On n'en invente qu'un ou deux par siècle", assure-t-il sans fausse modestie.
A l'occasion de cet anniversaire divers évènements se tiendront en France. A Saint-Michel-sur-Orge, où se trouve la grange-atelier de Bernard Baschet, auront lieu les 13 et 14 octobre 2012 au Conservatoire une suite de voyages sonores au travers d'une exposition des sculptures sonores et de l'instrumentarium pédagogique Baschet. D'autres animations se dérouleront durant ces deux journées. Plus d'infos ici.
La cristalliste Catherine Brisset, déja responsable de plusieurs cds dédiés au Cristal, vient d'enregistrer "Skylamp" sur l'excellent micro-label français Drone Sweet Drone Recordsqui vise à promouvoir les musiques hybrides et contemporaines.
Autour d'elle et de son instrument, huit compositeurs et autant de musiciens (Jean-Christophe Adam Walrand, Sébastien Béranger, Jean-Yves Bosseur, Florence Baschet, Eryck Abecassis, Claudio Jara, Thierry Alla, I-Chun Lee) ont composé et interprété des pièces pour solo, duo ou trio ; explorant ainsi des perspectives encore inexplorées, des matériaux sonores et modes de jeu multiples, questionnant les frontières entre acoustique et électronique...
La prochaine édition du Festival Densités organisée par l'association Vu d'un Oeuf aura lieu du 26 au 28 octobre 2012 à Fresnes-en-Woëvre. Au menu d'un programme chargé et éclectique, deux rencontres avec des chercheurs de sons déjà évoqués ici-même, Frédéric Nogray et Jéranium et Man'hu. Du premier, je ne connais que "Nelki", enregistrement édité par Prêle Records, petit label aventurier sur lequel on rencontre deux autres cds de lutherie expérimentale, "Orgue de bois" d'Eric Cordier et et "Ziph" de Thierry Madiot. Interprétées exclusivement sur bols de cristal de roche, les longues plages de "Nelki" envoûtent et entraînent l'auditeur réceptif dans un état de méditation libéré de toutes contraintes. Les sonorités limpides du cristal évoquent celles des Verres enharmoniques d'Orbes (Emmanuel Holterbach et Sophie Durand).
Des seconds, je connaissais Pendule, vu, entendu et apprécié lors de la 23ème édition du Festival de Musiques Nouvelles de Vandoeuvre-les-Nancy en mai 2006, et aussi Léon Napakatbra, machine sonore géante aperçue lors d'une visite au Salon du Livre. Pour Densités, Jéranium et Man'hu, au sein de la compagnie Les Objets Perdus, présentent le Chronophone, installation sonore axée sur l'imprévu, l'inattendu et l'inouï.
Will Menter m'a envoyé ce message. Vu son intérêt et avec son accord, je le relaie ici-même. Merci de bien vouloir respecter les droits de coyright pour l'utilisation de la musique.
Ersatzinette
J'ai ce bout de tuyau polypropylène depuis 1983, donc il a presque 30 ans. Il n'est pas si vieux que mon saxophone mais il est plus vieux que tous les vêtements que je porte. A l'époque je jouais plusieurs tuyaux simples sans trous, mais dans celui-ci j'en ai perçé six et je les ai arrondis avec un chalumeau, pour qu'il puisse jouer sept tonalités simples. Je le joue avec un bec de saxophone de la marque anglaise Lawton.
Chaque fois que je le joue il continue à me suggérer des différentes musiques, et, comme un vieil ami, il me fait rappeler qui je suis et m'assure de ma relation avec le monde.
Cette fois j'ai créé un morceau qui le réunit avec des instruments de percussion improvisés que j'ai fabriqués comme partie de ma recherche de flûtes éoliennes. 8 cylindres céramique detailles différentes chacun avec un trou. Avant de les monter dans les arbres pour tester leurs sons j'ai remarqué que j'ai bien apprécié les sons de manutention et percussion. Alors j'ai commencé à les enregistrer d'une manière non prévue, et les rythmes aléatoires que j'ai fait m'ont bien plu. C'était comme la pluie et les bourrasques.
Donc, ce morceau s'est créé à partir de ces deux instruments et de mes explorations pendant quelques jours.
Cette après-midi j'ai décidé que j'avais envie de partager ce moceau avec quelques gens de ma connaissance. J'ai hésité un peu car la durée est 12 minutes et ça me semblait peut-être audacieux de demander autant de temps et d'attention. Mais bien sûr que "demander" soit le mot important et sans doute un musicien engagé est surtout obligé d'inviter les gens à écouter sa musique.